Toi aussi crée ton blog chat! | Blog de chats | Blog de lapins | Blog de chiens | Photos de chats | Photos de lapins | Photos de chiens

 Infos du Blog

Pseudo : chatpitre51 Une question? Contactez-moi!

Description du blog felin :
http://chat-pitre.over-blog.com (autre blog félin) + Galerie photos + Littérature féline / Dans mon flipbook : regards de chats

Création : Mardi 24 Avri 2012
Dernier article : 21 Janv 2019
270 articles
910 commentaires
46995 visiteurs  
Note de ce blog : 9.56/10*
*Note moyenne pour 108 votants!


<< Avril 2019 >>
  • L
  • M
  • M
  • J
  • V
  • S
  • D
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • 11
  • 12
  • 13
  • 14
  • 15
  • 16
  • 17
  • 18
  • 19
  • 20
  • 21
  • 22
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  


Mes blogs préférés :
oliver-et-Cie
zaza-lulu
Afficher le flipbook!

Les photos de mon (mes) chat(s) !


 Tous mes animaux!


Les articles par catégories
Galerie photos
Littérature féline


 Autour de mon Blog

Note ce blog !




 

ROMAN SUR LES CHATS


Je suis biographe de nos tigres de salon et après « Les fantastiques aventures de Surcouf » et "Attila, le curieux chat voyageur" sortis chez City Editions/Hachette et France Loisirs, je voulais vous présenter mon 3ème roman félin « Tropique du chat ». C’est un road movie antillais. Voilà le résumé : Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade (La Guadeloupe) à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances… https://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=Tropique+du+chat&type= Mon 2éme roman félin "Attila, le curieux chat voyageur" est ressorti en poche depuis la mi-février. https://www.amazon.fr/Attila-curieux-voyageur-Christine-Lacroix/dp/2824611596/ref=tmm_mmp_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr= Des extraits sont à lire sur mon blog félin : http://chat-pitre.over-blog.com Colonne de droite « MES ECRITS ». AMICHAT. CHRISTINE LACROIX
 Posté le Lundi 21 Janvier 2019 à 13h31 | Laisser un commentaire | Lien permanent

 

LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF


Mon roman félin "LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF" vient de sortir chez CITY EDITIONS(Christine LACROIX). Il n’est peut-être pas en rayon mais il est distribué par Hachette et peut être commandé dans toutes les librairies, à la Fnac, chez Amazon ou tout autre site.
Hachette : 38 8897 7 / ISBN : 978-2-8246-0553-1
www.city-editions.com

Surcouf est un matou espiègle, fanfaron et un peu turbulent. Il nous raconte dans ce livre les joies, les peines et les pitreries qui ont jalonné sa longue vie de chat de gouttière. A travers ses aventures, il nous éclaire sur la coexistence, pas toujours facile, avec les humains qui ne comprennent rien aux choses importantes. Et aussi avec son ennemi juré, « l’Autre », Monsieur, ce tigré du quartier qui squatte le jardin. Avec ce récit qui séduira tous les amoureux de félins, Surcouf révèle aux humains pourquoi une vie sans chat est une existence sans saveur. Et mieux encore : il nous livre les clés d’une certaine sagesse de vie…

Vous pouvez aller lire des extraits de « CHAT PITRE » (c’est le même livre qui a changé de titre) sur le blog http://chat-pitre.over-blog.com colonne de droite dans « MES ECRITS ».
Attention donc aux lecteurs de « CHAT PITRE » de ne pas acheter une deuxième fois ce livre.

Par info j’ai écrit deux autres romans félins (très différents) dans d’autres éditions et je vends les quelques exemplaires (seulement une dizaine) qu’il me reste avant que l’éditeur ne les édite.
« PAR CAT CHEMINS » (Mon petit éditeur) est à 18 € (frais de port compris pour la France).
« TROPIQUE DU CHAT » (LULU éditions) est à 20 € (frais de port compris pour la France).
 Posté le Lundi 23 Février 2015 à 08h48 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

Le chat chipote !
Le chat chipote. Aucun arôme artificiel ne le séduit. Il exige le premier choix mais le meilleur des plats le lasse s’il est servi trop souvent. Les fabricants de pâtées déplorent cette instabilité. Le chat est un carnivore exclusif. Son organisme n’assimile pas les huiles végétales et ne tire pas la moindre vitamine « A » du maïs ou des carottes. Cette petite machine de trente dents, pourvue d’un volumineux estomac d’une contenance de trente centilitres et d’un intestin court, est conçue pour broyer des matières animales. Le chat y puise ses graisses, ses vitamines, et surtout ses protéines qui tiennent une place prépondérante dans son régime (le chat en consomme deux fois plus que le chien à poids égal). Les industriels marient donc le thon à la sardine, les rognons à la volaille, le foie au poisson, dans un dosage savant de protéines, de sels minéraux et de vitamines. Des muscles et des tissus animaux, il métabolise également un composé soufré, la taurine, indispensable au bon fonctionnement de sa rétine. Les lois de l’évolution s’inscrivent au menu : le foie des rongeurs est riche en taurine. Jean-Louis HUE
 Posté le Mercredi 21 Janvier 2015 à 08h18 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

Nouveau livre de Bernard Vercruyce «Chats en Majesté »
Si le chat est pour bien des artistes une source d’inspiration inépuisable, il est pour Bernard Vercruyce sa véritable raison de peindre. Issu de l’art naïf, tôt remarqué par le critique Anatole Jakovsky, ce peintre autodidacte prend dès lors le chat pour modèle, bâtissant autour de felis cattus une œuvre emportée par un idéal de beauté et de sérénité, riche de symboles. Cet album présente quatre-vingt-cinq œuvres de l’artiste où Vercruyce, avec la patience d’un artisan médiéval, compose d’étonnants paysages de fantaisie, véritables fêtes de la couleur, donnant au chat la place royale au sein de la création animale. Ses chats sont réellement en majesté, à l’instar des divinités mythologiques et des madones de la Renaissance, apportant à nos yeux beauté, grâce et cet éclair de magie que dispense son regard indéchiffrable.
En une quarantaine d’années, Vercruyce s’est imposé comme l’un des grands peintres animaliers d’aujourd’hui. Bon nombre de ses œuvres se trouvent dans des musées en France comme à l’étranger. Il vit et peint, entouré de ses chats, à Auvers-sur-Oise, près de la maison du Docteur Gachet, qui fut proche de Vincent Van Gogh.

« Peindre le chat, pour Vercruyce, c’est interroger l’univers et vouloir une réponse. Le chat est son maître, le soleil de ses jours et de ses nuits. Cette vérité éclate dans l’harmonie de ses huiles, aquarelles, acryliques. L’art naïf va au-delà de l’image pour atteindre à l’essentiel de ce qui fait la richesse de l’animal. »
(B r i g i t t e B u l a r d - C o r d e a u)

Après « Les Chats de Vercruyce » qui présentait ses œuvres de 1983 à 1995, voici enfin le nouveau livre de ses travaux de 1995 à 2014 :
« Vercruyce. Chats en Majesté » qui vient de paraître aux éditions de « La Tour verte », avec une préface de Brigitte Bulard-Cordeau (cartonné, 104 pages, 85 reproductions couleurs, format : 24 x 31 cm).

Il est disponible chez l’auteur ou sur le site de l’éditeur :
http://www.latourverte.com et sur commande dans les FNAC et grandes librairies.
ISBN : 978-2-917819-32-6)

Format : 24 x 31 cm, 104 pages, relié. Prix : 23 €
Contact presse : Robert de Laroche
Tél. : 02 32 60 25 15 / 06 60 26 47 90
latourverte@wibox.fr

Bernard Vercruyce
76 rue Gachet - 95430 Auvers-sur-Oise
vercruyce@orange.fr
01. 30. 36 .12. 02
http://www.vercruyce.com
http://blog.artactif.com/vercruyce-bernard
 Posté le Mercredi 14 Janvier 2015 à 09h56 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

 

JEAN DE LA FONTAINE
Jean de La Fontaine dans sa fable :
« Le vieux chat et la jeune souris » raconte l’histoire d’une souris essayant d amadouer Raminagrobis pour qu’il la laisse en vie. La morale de cette fable : La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir, la vieillesse est impitoyable.
Raminagrobis n’est pas un nom du hasard, il vient du berrichon rominer qui signifie ronronner et gros bis qui désigne un homme faisant le gros dos ou l’important. Ca ne vous rappelle pas quelqu’un ?


 Posté le Lundi 1 Décembre 2014 à 10h02 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

Une maison sans chat est un aquarium sans poisson
Le chat est parti. Il animait l’air de la maison. Il lui donnait une texture, révélait des courants, brassait des anticyclones et des dépressions, inventait, sous un toit, toutes sortes d’intempéries. Il reste un tropique fade, une saison monotone, une atmosphère mal rincée. Une maison sans chat est un aquarium sans poisson.
(JEAN-LOUIS HUE)
 Posté le Mercredi 26 Novembre 2014 à 08h54 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

SIMON TOFIELD


JE VOUS RECOMMANDE CHAUDEMENT LES LIVRES DE SIMON'S CAT, PLEIN DE DESSINS HUMORISTIQUES SUR NOS COMPAGNONS A MOUSTACHES.
UNIQUEMENT POUR CEUX QUI AIMENT L'HUMOUR ET LES CHATS.
JE PENSE QUE VOUS ÊTES TOUS DANS CE CAS !!!
 Posté le Mercredi 19 Novembre 2014 à 10h04 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

EXTRAIT DE MON ROMAN FELIN « TROPIQUE DU CHAT »
Lien TROPIQUE DU CHAT vers Lulu version papier :
http://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=TROPIQUE+DU+CHAT&title=TROPIQUE+DU+CHAT&creator=CHRISTINE+LACROIX&sorter=relevance-desc

Lien vers Amazon version ebook :
http://www.amazon.fr/TROPIQUE-DU-CHAT-ebook/dp/B00BSEWGSQ/ref=pd_rhf_se_p_t_1_CA8M


TOUSSAINT LOUVERTURE

Trop tard ! Épuisé par mes kilomètres à pattes de ces derniers jours, je n’ai pas vu se lever l’astre du jour. La lumière mordorée m’indique que la journée est déjà bien avancée pour un chat antillais qui préfère se fondre dans le paysage. Je me suis réveillé au bruit de la rouille des roues des caddies qui crie dans le petit matin.
Je me faufile sous les châssis des tout-terrain, la voiture préférée des guadeloupéens, pas à cause de l’asphalte défoncée ou en piteux état sur l’île aux belles eaux, car les routes sont aussi bonnes qu’en métwopol, mais uniquement pour la frime. Je tourne le dos à l’aérodrome de Baillif et à son supermarché.

Je marche sur des galets irréguliers. J’ai rejoins le bord de mer. Au loin, des voiliers jaspés glissent sur la mer ridée. Les voiles bigarrées faseyent sous l’alizé. Les bateaux suivent le même tracé imaginaire puis font tous demi-tour derrière la bouée jaune. Ils continueront à tourner en rond jusqu’à midi. Les frégates à la voilure déployée au maximum les observent de haut. Je me demande à quoi ça sert de faire toujours le même trajet, quand on atteint son but on doit en poursuivre un autre, moi, par exemple, je vais toujours de l’avant. Je me désintéresse de la régate et me concentre sur ma route, je dois faire attention où je pose les pattes; des coquillages maquillés en léopard, des burgaux et des cauris charroyés par les vagues ont recouverts la plage d’un tapis de porcelaine et blessent mes coussinets.
Une minuscule crique de sable noir volcanique adoucit ma marche. Je longe une frange de palmiers aux souples frondaisons, qui se balancent en cadence, alignés au garde-à-vous face à la mer des Antilles. Je décide de m’installer quelques heures dans ce havre de paix, inaccessible aux vacanciers car protégé par une paroi abrupte.

Le cochon de lait de la Noël est prêt, nous ne sommes pourtant pas au mois de décembre, qu’importe, je me régale d’une côte dorée à point et soudain… Je me réveille, je suis caché sous les feuilles vernissées de la patate bord-de-mer, un fumet de boucan vient me chatouiller les narines, l’odeur du poisson mariné flotte aussi dans l’air, je n’ai pas rêvé.
Je suis à proximité d’une gargote à touristes. Je me fais discret; je me cache derrière deux grosses poubelles noires qui embaument le graillon. J’observe la valse des écuelles. Une dizaine d’estivants sont attablés devant des crudités-riz créole-poulet boucané ou des crudités-riz créole-poisson grillé.
Les premières assiettes sont desservies. Deux cabèches de poisson encore intactes sont jetées dans la deuxième poubelle, j’attends que les tongs jaunes s’éloignent et je les récupère fissa. Ce qu’il y a de bien avec les z’oreilles c’est qu’ils ne savent pas décortiquer le rouget servi à l’antillaise. Chez eux le poisson se présente en brique rectangulaire, sans queue ni tête et encore moins avec des arêtes, alors que chez nous, il est présenté entier avec peau, nageoires et dorsale et il vous regarde de ses yeux globuleux du fond de votre assiette. Ce ne sont pas deux têtes de poisson dont je me pourlèche mais de deux barbarins entiers auxquels il ne manque que quatre filets. Et c’est pour cela que je promène toujours mes pattes, pour ma pose déjeuner, du côté des estivants car d’un poisson grillé mangé par un antillais ou un blanc-pays il ne vous restera que les arêtes, même les yeux auront disparus.

Je m’apprête à me trouver un endroit tranquille pour digérer quand, imperceptible pour le néophyte, un mouvement sur ma droite me fait pivoter la tête. Des griffes écailleuses dépassent de chaque côté d'un tronc grisâtre. Immobile, il se croit invisible. Il affiche la couleur de l'écorce derrière laquelle il se cache. La séquence se déroule au ralenti, une à une les ventouses se détachent, la bête descend de son arbre et se coule sur le sol jonché de broussailles. Elle se hisse sur un rocher assorti à sa cuirasse et se chauffent les écailles au soleil finissant.

Elle ressemble à un sac en croco d’un mètre cinquante, dont la cuirasse irisée grise et vert d’eau miroite dès qu’elle se met en mouvement. Elle possède quatre yeux, deux petites pupilles ambrés de chaque côté de son museau arrondi et deux gros yeux argentés sous ses joues. Une crête d’Iroquois lui courre tout le long du dos et une barbiche d’écailles pointues orne son menton. Sa queue qui mesure un mètre vingt est annelée de bandes noires. C’est une très bonne grimpeuse grâce à ses cinq doigts griffus de longueur différente, elle passe sa vie en position branchée ou affalée sur une roche chauffée par le soleil. Herbivore, elle fourrage à terre ou bien arrache les feuilles des arbustes pour se nourrir.
Sa tête de gros saurien antédiluvien me dit quelque chose ! Oui, je la reconnais, c'est le monstre préhistorique du Fort Napoléon. Comment a-t-elle amerri là ? L’iguane vert à la réputation d’être un as de la natation, la femelle a dû traverser à la nage le bras de mer qui sépare les Saintes de l'île papillon et est tombée par hasard sur ce petit paradis de sécheresse où le végétal et le minéral se côtoient.

Je suis sur la plage enrochée de Rocroy. Juste au-dessus des têtes de baigneurs, une colline désertique s'est implantée là, incongrue et improbable sur une Basse-Terre particulièrement arrosée. Je n'ai pas d'explication rationnelle pour clarifier ce phénomène, mais cet endroit existe bien. Les touristes ont désertés les galets, il ne reste que moi, en planque derrière une chaise du bar de la plage et l’iguane femelle. Enfin c’est ce que je croyais, quand soudain les dizaines de troncs d’arbres s’ébranlent; les reptiles préhistoriques sortent de leur léthargie; ils sont une quinzaine à émerger de derrière leur arbuste; pas un vacancier ne les a repéré.
Une colonie entière d’iguanes a élu domicile à cet endroit. Le sol grouille de sauriens au ralenti. Des crêtes se hérissent, des têtes fouettent l'air crépusculaire, des postures intimident les congénères pour s'octroyer le meilleur poste d'observation, le caillou qui a accumulé le plus de chaleur au cours de la journée, le plus haut ou le mieux abrité. Le plus imposant dresse le torse, en appui sur ses pattes avant, il défie quiconque de s’approcher. Un jeune de l’année rampe sous la broussaille pour se dissimuler, un autre disparaît dans une anfractuosité du rocher qui forme une petite grotte.
Demain les estivants reviendront se tordre les pieds sur les galets et jouer avec le ressac; les iguanes verts se déroberont à leur regard, mimétiques derrière leur tronc d’arbre. Je me désaltère à l’eau de pluie qui croupit dans un gros canari aux fesses noircies par le feu et abandonné là pour la plus grande joie des larves de moustiques. Repu, « moué Kadomi !» (Je vais au lit) !
 Posté le Mercredi 12 Novembre 2014 à 08h39 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

Allergique au chat ?
Le minet déminé

Problème : vous êtes allergiques aux chats (éternuements, nez qui coule, yeux rouges sont les symptômes courants de cette pathologie) mais vous ne pouvez pas vous passer de la compagnie de ces adorables bêtes. Solution : vous montez une entreprise dont l’unique objet sera de mettre au point le chat génétiquement modifié qui ne fait pas tousser ni se moucher. Vous disposerez ainsi du compagnon idéal et, de surcroît vous pourrez en vendre quelques-uns à un bon prix.
C’est ainsi qu »en 2001 Jackie Avner et son mari David ont créé aux Etats-Unis la société Transgenic Pets, afin de développer, élever et commercialiser « the world’s first allergen-free cats ». Ils se sont assurés le concours d’un éminent spécialiste. Un contrat en bonne et due forme a été signé, puis les Avner sont partis à la chasse au capital-risque. Car produire le minet déminé est un peu coûteux : 2 millions de dollars.
La recette du matou hypoallergénique est d’une grande simplicité, au moins sur le papier. C’est une protéine sécrétée par la peau du chat (baptisé Fel d1) qui provoque les allergies. Il suffit dont de neutraliser le gène qui produit cette protéine pour rendre l’animal inoffensif. Cela se fait en deux temps. D’abord, avec des techniques classiques de recombinaison génétique, on introduit dans des cellules de peau des copies défectueuses du gène en question. Puis on insère ces cellules modifiées dans des cellules embryonnaires, et le reste repose sur des techniques de clonage. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser grandir les chatons, en espérant que la modification génétique se transmettra à leur descendance. Voilà !
Donc, les époux Avner sont partis en quête d’argent pour produire leur super-minet. La presse, apprenant la si jolie nouvelle, s’est mise à ronronner à l’unisson. Un nombre considérable d’articles ont été écrits. Les associations de défense des animaux ont poussé les cris de protestation de rigueur : était-il bien éthique de trafiquer des chats juste pour le confort de leurs maîtres ? Des scientifiques se sont interrogés. Nul ne savait en quoi la fameuse protéine était utile au chat. Si c’était un agent anti-bactérien, ne risquait-on pas de rendre le chat vulnérable ?
Puis, le matou miraculeux se fit oublier, car Transgenic Pets prévoyait au moins deux ou trois ans de travail avant d’en montrer la queue d’un. Fin 2003, on s’inquiéta de ne rien voir venir, et c’est au détour d’un site web que l’on apprit que le projet avait été purement et simplement abandonné. Raison officielle : les investisseur s’étaient défilés. Le marché du chat était pourtant alléchant, selon les Avner. 10 % des gens sont allergiques aux minous, ce qui fait un paquet de clients potentiels. Mais qui était prêt à payer 1000 dollars (prix affiché) pour un chat génétiquement modifié ?
Les gens estiment sans doute qu’il est plus simple -et gère plus coûteux- d’aller chez un allergologue suivre une cure de désensibilisation. Les chats doivent nourrir un sentiment similaire.

Extrait de l’excellent livre : « AU FOND DU LABO A GAUCHE »
d’Edouard LAUNET (Le Seuil 2004) (ou la science par l’absurde).
 Posté le Mercredi 22 Octobre 2014 à 08h23 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

ALDOUS HUXLEY


TU VEUX ECRIRE, ALORS COMMENCE PAR AVOIR UN CHAT !

J'aime bien cette philosophie et j'irai même plus loin. Adpopte en plusieurs.
 Posté le Lundi 13 Octobre 2014 à 10h40 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

SALON DU LIVRE DE MAREUIL SUR AY (51)
À tous les chats, faites circuler :

"CHAT PITRE" dédicace ses livres au salon de Mareuil sur Aÿ dans la Marne le dimanche 12 octobre de 10h à 18h.
 Posté le Mercredi 8 Octobre 2014 à 08h19 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

BERNARD VERCRUYCE


Du 11 au 19 octobre 2014 Bernard Vercruyce, le peintre rémois préféré des félins, s'expose à LA FRETTE SUR SEINE (95).
"C'est lui qui fait les couverture des romans félins de ma maîtresse."

Lien vers TROPIQUE DU CHAT en version papier :
http://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=TROPIQUE+DU+CHAT&title=TROPIQUE+DU+CHAT&creator=CHRISTINE+LACROIX&sorter=relevance-desc

Lien TROPIQUE DU CHAT vers Amazon version ebook :
http://www.amazon.fr/TROPIQUE-DU-CHAT-ebook/dp/B00BSEWGSQ/ref=pd_rhf_se_p_t_1_CA8M

Lien vers PAR CAT CHEMINS en version papier :

http://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=PAR+CAT+CHEMINS&categoryId=200167



Lien vers PAR CAT CHEMINS en version EBOOK :

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5%B4%D5%D1&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=PAR+CAT+CHEMINS



 Posté le Mercredi 1 Octobre 2014 à 08h38 | Laisser un commentaire | Lien permanent

EDOUARD LAUNET ou la science de l'absurde
Le chat est le meilleur ami de l’écrivain, tant qu’il s’abstient de trottiner sur le clavier de l’ordinateur. Le passage du chat sur les touches a pour effet de générer un texte parasite, que les anglophones appellent synthétiquement cat typing. Pour un passage de droite à gauche, cela donne : « ;;;yhtc vvvz Aussi les écrivains et autres utilisateurs de PC se réjouiront-ils d’apprendre qu’un inventeur américain a conçu un logiciel capable de détecter et de bloquer quasi instantanément le cat typing. Ce programme, baptisé PawSense, vaut 20 dollars. Mais les vaut-il vraiment ? Sauf cas d’extrême confusion mentale, ou de littérature très expérimentale, le cat typing se repère assez aisément à la relecture. C’est pourquoi Chris Niswander, auteur de PawSense, avance un argument supplémentaire : les patounes du chat auraient une singulière aptitude à trouver les combinaisons de touches qui plantent l’ordinateur. Au risque de faire perdre tout le texte intelligible tapé depuis la dernière sauvegarde. Et puis le logiciel a aussi une fonction éducative : dès qu’il repère du cat typing, il active une alarme sonore très désagréable. Cela dégoûte rapidement le chat des claviers, paraît-il. Enfin, en cas d’alerte au chat, l’écran du PC affiche en grosses lettres capitales le message « CAT-LIKE TYPING DETECTED », ce qui donne à l’utilisateur le sentiment gratifiant d’être aux commandes d’une centrale nucléaire dans un film de série B.
PawSense veille en analysant la dynamique des touches et leurs combinaisons. L’humain et le félin ont des façons très différentes d’actionner un clavier. L’informatique est capable de les reconnaître, « dès la première ou la deuxième foulée du chat ». Un cas cependant doit affoler l’ordinateur : comment distinguer le chat vautré sur le clavier, de l’écrivain effondré sur son œuvre ? Ils ont des « signatures clavières » identiques : un gros paquet de touches enfoncées simultanément et durablement. Dans le fond, peu importe : le signal d’alarme fera fuir l’un, ou réveillera l’autre.
Ainsi débarrassé des chats, l’écrivain pourra se remettre au travail, hélas !
Extrait de l’excellent livre : « AU FOND DU LABO A GAUCHE »
D’Edouard LAUNET (Le Seuil 2004) (ou la science par l’absurde).
http://chat-pitre.over-blog.com

 Posté le Lundi 29 Septembre 2014 à 08h27 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

PHILOSOPHIE FELINE
Au commencement, Dieu créa le chat à son image.Et, bien entendu, il trouva que c'était bien.
Et c'était bien d'ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire.
Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme.
Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps.

JACQUES STERNBERG

(SAPHIR en est l'illustration !)
 Posté le Lundi 18 Août 2014 à 09h53 | Laisser un commentaire| 5 commentaires | Lien permanent

MON ROMAN FELIN
« J’AI TROUVE UN EDITEUR »
Je ne pensais pas pouvoir un jour écrire cette phrase, mais après 2 ans de recherche je viens de signer un contrat de 5 ans avec un éditeur et pas n’importe lequel : avec CITY EDITIONS qui est diffusé dans tous les pays francophones par HACHETTE.
Le contrat porte pour le moment sur mon premier roman félin « CHAT PITRE » qui va changer de titre et s’appeler quelque chose comme : « Les extraordinaires aventures de SURCOUF » (hum!). De plus aucune modification du texte initial ne m’a été demandée ce qui n’est pas habituel. La sortie est prévue courant 2015. Je vous tiendrai informés et j’espère pouvoir écrire cette autre phrase culte qui me tient à cœur : « Vous pouvez trouver mon roman dans toutes les bonnes librairies ». Belle phrase n’est ce pas !

- Et moi je vais devenir célèbre : SURCOUF
 Posté le Mercredi 13 Août 2014 à 08h33 | Laisser un commentaire| 6 commentaires | Lien permanent

POESIE FELINE
Et dans mon calme coin de vieux célibataire,
Toujours les chats prudents, les chats silencieux,
Promènent leur beauté, leur grâce et leur mystère !
(FRANCOIS COPPEE)


 Posté le Lundi 11 Août 2014 à 13h51 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

STEPHANE MALLARME


J'ai une adorable maîtresse toute blanche et qui s'appelle Neige.
C'est une chatte de race, jolie et que j'embrasse tout le jour sur son nez rose.
Elle efface mes vers avec sa queue, se promenant sur ma table pendant que j'écris.
 Posté le Mercredi 6 Août 2014 à 08h14 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

JACQUES PREVERT
ILS ONT INSULTE LES VACHES,
ILS ONT INSULTE LES GORILLES, LES POULETS,
ILS ONT INSULTE LES VEAUX,
ILS ONT INSULTE LES OIES, LES SERINS,
ILS ONT INSULTE LES COCHONS,
ILS ONT INSULTE LES CHIENS,
LES CHATS, ILS N'ONT PAS OSE !

(Manquerait plus que ça !!!)


 Posté le Lundi 4 Août 2014 à 08h21 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
"J'aime dans le chat ce caractère indépendant et presque ingrat qui le fait ne s'attacher à personne.
Le chat vit seul, il n'a nul besoin de société, il n'obéit que quand il veut, fait l'endormi pour mieux voir."

On peut émettre des réserves sur ce que pense CHATEAUBRIAND. Le chat est certes indépendant mais pas du tout sans gratitude envers les gens qu'il aime et à qui il tient. La société des humains et de ses congénères est aussi très important pour lui. Mais c'est vrai qu'il n'en fait qu'à sa tête et qu'il fait semblant de dormir pour mieux nous observer.


 Posté le Mercredi 30 Juillet 2014 à 08h20 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

JOACHIM DU BELLAY
Mon Dieu quel passe-temps c'était,
Quand ce Belaud virevoltait,
Folâtre, autour d'une pelote;
Quel plaisir quand sa tête sotte
Suivant sa queue en mille tours
D'un rouet imitait le cours.

(JOACHIM DU BELLAY)
 Posté le Lundi 21 Juillet 2014 à 08h21 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

MOUNE le chat par Philippe RAGUENEAU
"Il est entré chez nous un soir, il y a trois ans.
Timidement. Aujourd'hui nous habitons chez lui. Humblement.
C'est une belle histoire. Je vais tenter de vous la raconter"

Voilà comment l'auteur de la série des "Tiburce" entame son livre : "L'histoire édifiante et véridique du chat MOUNE". Un livre de 1981 que j'ai trouvé à la bibliothèque et que je recommande chaudement à tous les amoureux de nos quatre pattes. C'est le récit d'un chat de gouttière, forcément exceptionnel, un chat tout noir, qui se laisse adopter mais qui reste dans l'âme, un chat de ruelles.
PHILIPPE RAGUENEAU


 Posté le Samedi 19 Juillet 2014 à 10h33 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

POESIE FELINE
Dors, mignon chat blanc, dors :
Reste à ronronner, reste couché
Et ferme un peu tes yeux semés d'or;
Les souris montrent leur nez
Aux trous du plancher.
Elles vont s'attabler autour
De la bonne assiette au gâteau;
Dors, mignon chat blanc
A pattes de velours.
Et ne t'éveille pas trop tôt.
TRISTAN KLINGSOR
 Posté le Mercredi 18 Juin 2014 à 08h26 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

LA MUSE DE L'ECRIVAIN
JEAN-LOUIS HUE
"L'encrier ne se vide jamais quand il s'agit d'écrire sur les chats."
Je suis d'accord avec cette maxime. Voilà dix ans que j'écris leur histoire et ils n'ont toujours pas fini de me la conter.


 Posté le Mardi 10 Juin 2014 à 09h30 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

ERNEST THEODOR AMADEUS HOFFMANN
Un chat couché en cercle et endormi pouvait en effet passer pour un prodige de beauté. Des lignes noires et grises s'unissaient sur son front et y formaient comme des hiéroglyphes d'une extrême délicatesse.

"LE CHAT TOMBE DANS CE SINGULIER ETAT QUI TIENT LE MILIEU ENTRE LA VEILLE ET LE SOMMEIL, ET QUI EST, POUR LES ÂMES POETIQUES, LE VERITABLE MOMENT DE LA CONCEPTION DES IDEES SUBLIMES."

(Féenomène printemps 2004 - 2 juin 2014) avec sa fille Rama.

 Posté le Mercredi 4 Juin 2014 à 08h18 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

LEWIS CARROLL
LES CHIENS GROGNENT QUAND ILS SONT EN COLERE ET REMUENT LA QUEUE QUAND ILS SONT CONTENTS.
OR MOI, JE GRONDE QUAND JE SUIS CONTENT ET JE REMUE LA QUEUE QUAND JE SUIS EN COLERE.
LEWIS CARROLL


 Posté le Lundi 2 Juin 2014 à 08h42 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)


Le chat


Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux,
Vivantes opales.

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

 Posté le Mercredi 28 Mai 2014 à 08h40 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

STEPHANE MALLARME
C'est un animal necessaire à un intérieur, il le complète;
c'est lui qui polit les meubles, en amoindrit les angles,
lui qui donne à l'appartement du mystérieux.
Il est bien le dernier bibelot, le couronnement suprême.
STEPHANE MALLARME
 Posté le Lundi 26 Mai 2014 à 08h36 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

PENSEE FELINE
"Quiconque a reçu les confidences de son chat sait fort bien que l'étrange, pour lui, c'est l'homme !"
Gilbert Ganne (1919-2010), originaire de Bordeaux, journaliste, critique littéraire et écrivain français, a publié une trentaine de livres.

 Posté le Mercredi 14 Mai 2014 à 08h26 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

JULES MICHELET
"J'AI EU CENT CHATS,
OU PLUTÔT CENT CHATS M'ONT EU !"
(JULES MICHELET)
 Posté le Lundi 12 Mai 2014 à 08h21 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

PIERRE LOTI
Et comme je comprends Mahomet, au chant du muezzin qui l'appelait à la prière, coupant avec des ciseaux le coin de son burnous avant de se lever, par crainte de déranger son chat qui s'était installé dessus pour dormir ! Pierre LOTI


 Posté le Samedi 10 Mai 2014 à 08h31 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

GUY DE MAUPASSANT
Il est chez lui partout,
pouvant entrer partout,
l'animal qui passe sans bruit,
le silencieux rôdeur,
le promeneur nocturne des murs creux.


 Posté le Mercredi 30 Avril 2014 à 08h15 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

JOACHIM DU BELLAY
POESIE DE JOACHIM DU BELLAY

C'est Belaud mon petit chat gris
Belaud, qui fut par aventure
Le plus bel oeuvre que nature
Fit onc en matière de chats

Couvert d'un poil gris argentin
Ras et poli comme satin
Couché par ondes sur l'échine
Et blanc dessous comme une hermine

Un petit mufle léonin
Autour duquel était plantée
Une barbelette argentée,
Armant d'un petit poil follet
Son musequin damoiselet.
(en français dans le texte)

 Posté le Lundi 28 Avril 2014 à 10h47 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

TROPIQUE DU CHAT (extrait)
Un extrait de mon troisième roman félin : « TROPIQUE DU CHAT».
Nous y découvrons les us et coutumes de la Guadeloupe au gré des pérégrinations de Toussaint louverture, un chat natif des antilles.

Je ne sais plus où poser mes coussinets, des tentes de camelots ont envahi la plage, les serviettes ont recouvert le sable ne laissant plus voir un seul grain, des deux pattes se croisent en tous sens, je me dirige vers la jetée, mais au lieu des casiers, des chaluts et des nasses les navigateurs transportent des masques, des palmes et des tubas, pendant que d’autres rechargent et chargent des bombonnes d’air comprimé. J’ai amerri sur la pointe de Malendure, l’un des plus hauts lieux touristiques de la Basse-Terre, le repère des amateurs de plongée sous-marine, en face de l’îlet à Pigeon où pas un ramier n’a élu domicile, dans la réserve du commandant Cousteau. Autant dire un piège de première. Ce n’est pas là que je vais trouver une tête de sarde à me mettre sous les crocs.
Je me faufile à travers ce port de pêcheurs qui a fait son temps et qui depuis est devenu le rendez-vous des vacanciers. Je frôle des jambes nues et bronzées, je saute par dessus des sacs tressés, je longe des mètres de coton bouclé multicolore, je slalome entre les détendeurs posés à même le sol et les tenues caoutchoutées suspendues pour sécher au soleil, je m’offre un moment de fraîcheur à la lisière des parasols, j’évite surtout les mains huilées qui se tendent vers moi. Je contourne la Pointe de Malendure et rejoint la falaise Bellon, enfin seul, le touriste ne s’éloigne jamais du sable chaud, dès que ça grimpe ou qu’il y a des galets, l’endroit se désertifie. Anse à Négresse, Falaise Noire, Anse à Zombi, la horde d’envahisseurs est derrière moi. Je me glisse sous une anfractuosité de la roche et je m’endors fourbu et repu, car la traversée de cette marée humaine n’a pas été vaine : du cabris, du thon mayonnaise, on ne se refait pas et du jambon pays un rien relevé. De toute façon si vous n’aimez pas le piment autant changer de nationalité.
Blanchette, la métropolitaine égarée et petite amie de Toussaint va en faire les frais.

 Posté le Mardi 22 Avril 2014 à 11h11 | Laisser un commentaire | Lien permanent

LES MOTS DE COLETTE
Le chat persan, jeté comme une écharpe de marabout sur le bord de ma fenêtre. COLETTE

 Posté le Mercredi 16 Avril 2014 à 08h48 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

RUDYARD KIPLING
JE SUIS LE CHAT QUI S'EN VA TOUT SEUL ET TOUS LIEUX SE VALENT POUR MOI. (RUDYARD KIPLING)



 Posté le Mercredi 9 Avril 2014 à 10h46 | Laisser un commentaire | Lien permanent

GEORGE BERNARD SHAW
L'homme est civilisé dans la mesure où il comprend le chat. (GEORGE BERNARD SHAW)

 Posté le Samedi 5 Avril 2014 à 09h43 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

EDMOND ROSTAND
C'est un petit chat noir, effronté comme un page.
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage.
On dirait un joli presse-papier vivant.


 Posté le Mercredi 12 Mars 2014 à 08h14 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

CHARLES BAUDELAIRE


Viens mon beau chat,sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.
 Posté le Lundi 10 Mars 2014 à 08h45 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

THEOPHILE GAUTIER
"On dirait que les chats devinent l'idée qui descend du cerveau au bec de la plume, et que, allongeant la patte, ils voudraient la saisir au passage."
 Posté le Mercredi 5 Mars 2014 à 08h49 | Laisser un commentaire | Lien permanent

GUY DE MAUPASSANT


Rien n'est plus doux, rien ne donne à la peau une sensation plus délicate, plus raffinée, plus rare que la robe tiède et vibrante d'un chat.
 Posté le Lundi 24 Février 2014 à 08h58 | Laisser un commentaire| 7 commentaires | Lien permanent

CHARLES BAUDELAIRE
DE SA FOURRURE BLONDE ET BRUNE
SORT UN PARFUM SI DOUX,
QU'UN SOIR J'EN FUS EMBAUME,
POUR L'AVOIR CARESSEE UNE FOIS
RIEN QU'UNE .
(Charles Baudelaire)


 Posté le Lundi 20 Janvier 2014 à 08h37 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

CHOIX DIFFICILE !
Simon TOFIELD
- Tu veux lequel ?
- Celui de droite.
- .....
- Et puis non ! Celui de gauche.


 Posté le Lundi 21 Octobre 2013 à 08h52 | Laisser un commentaire| 7 commentaires | Lien permanent

SIMON'S CAT


On a tous essayé, non ?
Avec le même résultat !
Dessin de SIMON TOFIELD
 Posté le Mardi 1 Octobre 2013 à 08h16 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

BLOG D'UNE AMOUREUSE DES CHATS
Elle est née avec le mot chat dans la bouche ! (C'est elle qui me l'a soufflé)Elle a publié un roman félin aussi. Alors quoi de plus naturel que de consacrer un blog à nos amis félins. Son site ne parle pas seulement de nos compagnons à moustaches, c'est aussi une tribune ouverte pour tous ceux qui ont quelque chose à raconter. En un mot, je suis "fan" de ce blog, et une petite visite s'impose :

http://kimcat1b58.over-blog.com


 Posté le Mercredi 24 Juillet 2013 à 08h51 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

TROPIQUE DU CHAT
A tous ceux qui s'inquiètent, mon nouveau roman félin n'est absolument pas triste. Au contraire c'est un message d'espoir pour tous les chatons ! C'est vrai que l'extrait que j'ai mis peu porter à confusion. Mais le début est la suite de mon premier roman "CHAT PITRE" et l'histoire d'une des chattes de la fratrie : "Blanchette" portée disparue dans mon premier livre.

Mon autre blog : http://chat-pitre.over-blog.com

 Posté le Mardi 2 Avril 2013 à 10h08 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

TROPIQUE DU CHAT (extrait)
BLANCHETTE

Étouffée, écrasée, piétinée, bousculée, je n'arrive plus à respirer. Je suis recouverte d'une couverture poilue, des pieux me rentrent dans les côtes, je recule devant les ruades, submergée par cette multitude féline. Dernière née d’une fratrie de six, je n’arrive que rarement à atteindre la tétine rose qui m'est destinée. Acculée dans un recoin du landau, je regarde mes frères et ma sœur s'abreuver aux mamelles de ma génitrice, avec ma vision toute neuve.
Huit jours que j’étais aveugle, mais comme tous les chatons, je vois enfin le monde qui m’entoure; ça va sûrement m’aider à trouver les tétines dans la cohue. Quelques heures plus tard j'essaie à nouveau de percer cette mêlée compacte, mais sans résultat. Je m'épuise dans ces combats pour la survie. À peine née, je dois déjà me battre pour exister. Apathique, désarmée, affaiblie, je baisse la garde. Je m’éteins loin des mamelles nourricières. Je me blottis au cœur de l'arabesque que ma mère dessine avec le bout de sa queue.

Je suis en lévitation, ballottée, désorientée, sans vie. Déposée dans une cavité du fossé, à même le sol, je hume l'herbe verte. L'humidité me revigore, une perle de rosée me tombe sur le museau quand je bouge une oreille. Je pousse mon cri de chaton perdu, seul chant que je connaisse à l'aube de cette nouvelle existence; trop tard, ma mère a disparu dans les fourrés. Comment maman Luth a-t-elle pu m'abandonner au bord de ce chemin vicinal ? Elle m'a cru morte, elle s'est débarrassée de ce fardeau trop encombrant et sans avenir. Je me remets à couiner sans discontinuer, puisant dans les dernières forces qu'il me reste, puis je m’écroule, sans vie, pour la deuxième fois de ma courte existence.

TOUSSAINT LOUVERTURE

Avant cela faisait clic, clic, clic, maintenant cela fait zii, zii, zii. Avant ils se cachaient derrière, maintenant ils le tiennent à bout de bras. Avant je me sauvais, pensant qu’ils voulaient m’attraper, en fait ils m’attrapent bel et bien, mais seulement une partie de mon âme. Maintenant je ne bouge plus.

Il est 17 heures 30, j’attends les pêcheurs sur la bitte d’amarrage, celle à l’extrémité gauche. La perspective est belle, c’est pour cela qu’ils me photographient : moi, le quai des Saintes et à l’horizon, la mer turquoise. La plupart rate la photo; pensez donc, je suis face au soleil et eux aussi, alors le contre-jour ! Un plot noir, une masse noire posée dessus, deux triangles au sommet : une colonne de Buren aux rayures noires et noires rehaussée de deux minuscules pyramidons et c’est tout ! Ceux qui attendent le coucher du soleil ne s’en sortent pas trop mal. Quelquefois un éclair blanc me lèche la queue et là c’est réussi.
Quand les pêcheurs arrivent je ne les intéresse plus, ils photographient les saintoises et sa cohorte de Mauves à tête noire qui les accompagne. Cet oiseau au plumage gris ardoise sur le dos, au ventre blanc, à la tête entièrement noire en cette période nuptiale, au bec et aux pattes d’un rouge foncé est la mouette des Antilles. Les bacs en plastique anthracite, orange, bleu ou vert, sont déchargés sur le quai en béton, ils regorgent de poissons blancs, jaunes, rouges ou argentés. Il y en a des petits et des gros, des ailés et des armés, des rayés et des à pois, des vivants et des morts, des comestibles et des succulents. La mer Caraïbe est encore généreuse avec ces travailleurs des flots.

Je suis descendu de mon piédestal et je me suis posté derrière les cageots multicolores ; j’attends. Trois grands gosiers, aux airs de dodos d’un autre temps et à l’allure pataude et débonnaire, sont restés perchés sur des pieux plantés dans l’eau turquoise à deux encablures de la plage et patientent aussi dans la brise de cette fin de journée. Les pélicans bruns, avec leur bec d’accordéoniste, sont des opportunistes, si une des cagettes venait à sombrer dans les vagues, elle ne serait pas perdue pour tout le monde.

Lien vers Lulu version papier et ebook :
http://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=TROPIQUE+DU+CHAT&title=TROPIQUE+DU+CHAT&creator=CHRISTINE+LACROIX&sorter=relevance-desc

Lien vers Amazon version ebook :
http://www.amazon.fr/TROPIQUE-DU-CHAT-ebook/dp/B00BSEWGSQ/ref=pd_rhf_se_p_t_1_CA8M

 Posté le Mercredi 27 Mars 2013 à 08h29 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

SIMON'S CAT


OUPS ! (MOI APRÈS JE ME LÈCHE LA PATTE, MINE DE RIEN ! Féeno)
 Posté le Lundi 4 Mars 2013 à 08h33 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

SIMON'S CAT suite
Pour voir la séquence en entier il faut regarder par le blog. Je n'arrive pas à mettre deux photos sur un article.

 Posté le Lundi 25 Février 2013 à 08h42 | Laisser un commentaire| 6 commentaires | Lien permanent

SIMON'S CAT


LES DESSINS DE L’ ANGLAIS SIMON TOFIELD NOUS FONT BIEN POILER. Mais qu’est-ce-qu’il a l’air bête ce Simon’s cat. (Khéops, Féenomène, Galaup)
 Posté le Lundi 25 Février 2013 à 08h40 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

REMO FORLANI
J’ai lu "TOUS LES CHATS NE SONT PAS EN PELUCHE" de Rémo Forlani.

Je suis un peu déçue car ce roman ne parle guère des chats, si ce n'est du chat en peluche : "Pilipili", de Manu, un petit garçon, livré à lui-même pendant le week-end de Pâques, et à qui il confie ses états d'âme.

Pour lire les aventures d'un véritable chat : http://www.lulu.com/shop/search.ep?type=&keyWords=chat+pitre&sitesearch=lulu.com&q=&x=7&y=7


 Posté le Samedi 23 Février 2013 à 09h55 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

MON AUTRE BLOG FELIN


D'autres articles félins sur :
http://chat-pitre.over-blog.com

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Ddigital-text&field-keywords=par+cat+chemins&x=16&y=12

http://www.lulu.com/shop/search.ep?type=&keyWords=chat+pitre&sitesearch=lulu.com&q=&x=7&y=7

 Posté le Mardi 15 Janvier 2013 à 08h30 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

ROBERT HEINLEIN
Par un des hivers qui précéda de peu la guerre de six semaines, j'habitais avec mon chat de gouttières, PETRONUS LE SAGE, une vieille ferme dans le Connecticut. Je doute qu'elle s’y trouve encore; elle était située en bordure de la zone qui fut soufflée, et Manhattan n'échappa à la destruction que de justesse. Ces vieilles baraques flambent comme du papier de soie. Serait-elle encore debout, elle ne constituerait plus qu'un logis peu attirant, en raison du voisinage actuel. Pourtant, à l'époque, nous l'aimions bien, Pete et moi. Le manque total de confort nous permettait de bénéficier d'un loyer modeste. Ce qui avait été une salle à manger donnait au nord; je jouissais donc d'un éclairage adéquat lorsque je travaillais sur ma planche à dessin. Toute médaille a son revers. Cette maison avait un défaut : ses onze portes de sortie; douze en comptant la chatière de Pete. J'ai toujours essayé, partout, d'aménager une chatière pour Pete : en l'occurrence, une planche remplaçant la fenêtre d'une chambre à coucher inoccupée avait été percée d'un orifice de la largeur de ses moustaches. De trop nombreuses heures de ma vie ont été passées à ouvrir des portes aux chats. Depuis l'aube de la civilisation, 978 siècles de temps humain ont au total été employés à ce geste : j'en ai fait le compte, les chiffres sont là pour le prouver. Donc, habituellement, Pete utilisait sa chatière, sauf s'il parvenait à m'obliger à lui ouvrir une porte, ce qui le comblait d'aise. Mais il refusait d'employer la chatière par temps de neige. Durant son enfance de chaton, alors qu'il n'était encore qu'une boule duveteuse et bondissante, Pete s'était élaboré une philosophie toute personnelle : j'avais la charge du logis, de la nourriture et de la météorologie, lui était chargé du reste. Il me rendait tout particulièrement responsable du temps qu'il faisait. Les hivers du Connecticut ne sont jolis que sur les cartes de Noël. Cet hiver là, très régulièrement, Pete allait jeter un coup d'œil à sa chatière, et, se refusant à emprunter ce chemin recouvert d'une déplaisance matière blanche - il n'était pas fou- venait me tanner jusqu'à ce que je lui ouvre une porte. Il avait la conviction inébranlable que l'une d'elles, au moins, devait s'ouvrir en plein soleil - s'ouvrir sur l'été -. Il me fallait donc, chaque fois, faire le tour des onze portes en sa compagnie, les lui ouvrir l'une après l'autre, et lui faire constater que l'hiver sévissait également, tandis que ses critiques sur mon organisation défectueuse s'élevaient crescendo à chaque déception. Lorsqu'il rentrait, la glace collée à ses petites pattes silencieuses faisait un bruit de claquettes sur le plancher. Il braquait sur moi un regard foudroyant et refusait de ronronner jusqu'à ce que tout soit léché, séché. Alors seulement, il me pardonnait...jusqu'à la sortie suivante. Mais il n'abandonna jamais sa recherche de la porte s'ouvrant sur l'été.

Les premières lignes de ce roman de Robert HEINLEIN « Une porte sur l’été » de 1957, même s'il n'est pas récent, me touchent par la poésie et l'amour des chats qui s'en dégagent. Nos félins, avec les années, ne changent pas et ce texte toujours d'actualité me rappelle furieusement un certain rouquin de mes amis.

Ce livre date de 1957 il ne doit pas être facile à trouver, il faut essayer chez les bouquinistes ou dans les bibliothèques. Il ne parle pas vraiment du chat, c'est un livre de science fiction, mais ce passage m'a toujours fasciné.
 Posté le Mardi 11 Décembre 2012 à 08h28 | Laisser un commentaire| 5 commentaires | Lien permanent

TIBURCE
TIBURCE
Philippe RAGUENEAU, dans ses romans policiers, met en scène : "Tiburce, le chat qui..." Mais je trouve que la place de Tiburce dans l'histoire est vraiment partie négligeable et que mettre en avant le chat dans le titre du livre c’est un peu tromper sur la marchandise. Je trouve l'écriture un peu simpliste et les enquêtes policières un peu légères. Dans le style je préfère "Le chat qui..." de Lillian Jackson Braun (20 juin 1913 - 4 juin 2011). Les titres se ressemblent, mais la vénérable Lillian écrivant depuis 75 ans, (30 romans) je pense que c'est elle qui a tiré la première. Philippe Ragueneau a peut-être voulu lui rendre hommage en choisissant un titre proche du plagiat. Bien sûr, ceci n'engage que moi !


 Posté le Mardi 27 Novembre 2012 à 08h06 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

JEAN DE LA FONTAINE
LE VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS

UNE JEUNE SOURIS, DE PEU D'EXPERIENCE CRUT FLECHIR UN VIEUX CHAT,
IMPLORANT SA CLEMENCE
ET PAYANT DE RAISONS LE RAMINAGROBIS :
"LAISSEZ-MOI VIVRE : UNE SOURIS DE MA TAILLE ET DE MA DEPENSE EST-ELLE A CHARGE EN CE LOGIS ? AFFAMEROIS-JE, A VOTRE AVIS L'HOTE ET L'HOTESSE,
ET TOUT LEUR MONDE ?
D'UN GRAIN DE BLE JE ME NOURRIS :
UNE NOIX ME REND TOUTE RONDE. A PRESENT JE SUIS MAIGRE;
ATTENDEZ QUELQUE TEMPS :
RESERVEZ CE REPAS A MESSIEURS VOS ENFANTS."
AINSI PARLOIT AU CHAT LA SOURIS ATTRAPEE.
L'AUTRE LUI DIT : "TU T'ES TROMPEE :
EST-CE A MOI QUE L'ON TIENT SEMBLABLES DISCOURS ?
TU GAGNEROIS AUTANT DE PARLER A DES SOURDS.
CHAT, ET VIEUX, PARDONNER ? CELA N'ARRIVE GUERES.
SELON CES LOIS, DESCENDS LA-BAS. MEURS, ET VA-T-EN.
TOUT DE CE PAS HARANGUER LES SOEURS FILANDIERES :
MES ENFANTS TROUVERONT ASSEZ D'AUTRES REPAS."
IL TINT PAROLE ET POUR MA FABLE VOICI LE SENS MORAL QUI PEUT Y CONVENIR :
LA JEUNESSE SE FLATTE ET CROIT TOUT OBTENIR :
LA VIEILESSE EST IMPITOYABLE.

Jean de La Fontaine
 Posté le Lundi 5 Novembre 2012 à 10h16 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

SALON DU LIVRE SUITE
UN STAND CHAT-CHAT-CHAT !
 Posté le Mardi 23 Octobre 2012 à 08h54 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

SALON DU LIVRE
Mon premier salon du livre.
 Posté le Mardi 23 Octobre 2012 à 08h53 | Laisser un commentaire | Lien permanent

SALON DU LIVRE
Bonjour,
si vous voulez me rendre une petite visite, les 20 et 21 octobre 2012, je dédicace mes deux romans félins
au 9ème salon du livre de Mareuil sur Aÿ.
à l'Espace culturel Jean-philippe Collard
MAISON DE MAREUIL
51160 MAREUIL SUR AY
Dans la Marne, le pays du champagne.

C'est ouvert les samedi et dimanche de 14h à 18h.



 Posté le Lundi 15 Octobre 2012 à 10h08 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

LOUIS NUCERA


IL EST DES BEAUTES QUI EXEDENT LE VOCABULAIRE.
LES CHATS APPARTIENNENT A CET ORDRE.

Si vous voulez répertorié votre blog félin, un site super sympa de Persan hymalayen cherche à compléter son annuaire de bloggueurs.
L'adresse du site :
http://www.himalayen.com
Cliquer sur annuaire puis enregistrer son blog.
 Posté le Lundi 17 Septembre 2012 à 08h28 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

PREMIER CHAT PITRE


Avant-propos

Surcouf est un matou un peu turbulent, un peu espiègle et fanfaron. Il nous raconte dans « CHAT PITRE » les joies, les peines et les pitreries qui ont jalonné sa longue vie de chat de gouttière.
Il nous éclaire sur la coexistence, pas toujours facile, avec les humains et avec son ennemi juré, « l’Autre », Monsieur, ce tigré du quartier qui squatte son jardin.
Son témoignage nous révèle pourquoi une vie sans chat est une existence sans saveur. http://www.lulu.com/shop/search.ep?type=&keyWords=chat+pitre&sitesearch=lulu.com&q=&x=7&y=7
L’ENFANCE


Le premier son que j’entendis fut « kirk, kirk, kirk ! ». J’étais aveugle, je trouvai ce cri charmant, je l’imitai de mon mieux. Je fis « kirk, kirk, kirk ! ». Quelque chose de râpeux et d’humide me passa sur le nez et le corps, je criai plus fort. Une sensation de vide au creux de l’estomac m’envahit. On me bouscula. Je donnai un coup de museau pour me défendre. J’ouvris la bouche et une chose pointue et chaude me remplit la gueule. Je suçai machinalement ce bonbon acidulé et un liquide mielleux et douceâtre me coula dans la gorge. Je n’avais jamais rien goûté d’aussi bon ; il faut dire que c’était le premier repas de mon existence.

Quelques jours plus tard, après une routine de toilettage, mangeaille et farniente, mes yeux s’ouvrirent sur mon univers. Je ne vis qu’elle, d’abord, «ma maman ». Une magnifique chatte que le peintre avait bariolée de toutes les couleurs de sa palette. Elle me communiqua tout son amour d’un coup de langue rugueuse sur mon petit museau rose. Je l’aimais immédiatement et me blottis entre ses pattes avant. Aucun de mes frères et sœurs, j’en avais plein, je les compterai plus tard, n’étaient d’accord. Ils essayèrent de me subtiliser ma place. Je dus me battre griffes et crocs pour la garder. Je m’endormis, épuisé par ce premier combat, qui ne sera sûrement pas le dernier de ma vie de matou.

Mes deux sœurs que je reconnus aux attributs manquant derrière leurs pattes arrière et mes trois frères étaient pelotonnés dans le nid douillet. Celui-ci n’était rien d’autre qu’un landau de bébé abandonné dans une vieille remise, au fond d’un jardin, depuis des années ou même des siècles. Il était poussiéreux à souhait et de vieux chiffons pleins de graisse et de senteurs diverses en recouvraient le fond. Notre mère avait bien fait les choses, un vrai paradis pour minous. Je m’y sentis à l’aise dès les premières minutes de ma vie.
Notre nourricière était d’une race européenne et se targuait d’être une pure chatte de gouttières. Je croyais au début que ça signifiait qu’elle faisait l’équilibriste, à la nuit tombée, sur toutes les gouttières du quartier, mais en fait, j’appris plus tard que c’était un nom un peu péjoratif pour désigner les chats qui avaient perdu leurs papiers d’identité à leur naissance, comme nous six d’ailleurs. Dans quelques semaines, j’allais rencontrer des compagnons qui eux étaient moins brouillons et avaient gardé les leurs, comme Monsieur le Persan, Madame de Siamois ou Mademoiselle l’Orientale.

J’étais donc un petit rouquin sans pedigree mais avec de magnifiques socquettes blanches, surtout au début de ma vie et souvent grises ou tachetées quand je me mis à arpenter le plateau des vaches. J’ignore pourquoi on appelle ces voies asphaltées « le plateau des vaches », car je n’en ai jamais rencontré ; les seuls animaux à quatre pattes que j’aperçus dans les rues de ma ville, furent les chiens, les rats, les lapins et les bébés. Mes oreilles transparentes et mon petit nez rose trahissaient des gènes albinos ; mais mon plus bel atout était mes yeux, j’avais hérité ceux de mon père. (Ma mère me le décrit comme un beau mâle orange aux yeux couleur soleil). Les miens étaient dorés et imitaient à la perfection les reflets de mon pelage. De ma mère j’avais hérité les poils blancs de son cou.
Chacun de mes frères et sœurs avaient emprunté une teinte de couleur sur une partie différente de son corps. Il y avait « Blanchette », minuscule touffe de poil neige comme le dessous de son ventre ; « Noirpiaux » avait décidé d’imiter le masque facial noir et blanc de notre maman ; « Tigre » avait un pelage rayé gris souris comme la queue de celle-ci, son poil angora était tout ébouriffé ; « Arc-en-ciel » était le parfait clone de notre mère et la plus réussie de la joyeuse troupe. J’apprendrai plus tard, que comme notre maman, son pelage s’appelait du joli nom d’écaille de tortue. Le plus costaud, « Black », un mâle noir aux yeux verts était le seul à ne ressembler aucunement à nos parents.

Je savais qu’il mentait quand il me raconta que son père à lui était un « pur gouttière » d’un noir de jais. En colère, je lui donnai un coup de patte et lui signifiai que notre papa à tous était un rouquin aux yeux dorés, ma mère me l’avait dit, un point c’est tout. Notre maman, voyant que l’on se chamaillait à propos de notre lignée, nous rassembla tous les six et nous narra ses nuits d’amour.
- Mon premier coup de foudre fut pour un beau rouquin aux yeux couleur de miel.
Je donnais un coup de tête à mon frangin.
- Tu vois bien que c’est notre père ! lui glissais-je à l’oreille.
- Chut ! Attend ! Écoute la suite de l’histoire !
- Il habitait un magnifique garage plein de bidons d’huile et de vieux chiffons graisseux. Il vint me jouer ici même la sérénade pendant une semaine entière et quand il chanta vraiment juste, je le suivis dans son appartement surmonté d’un chevron rouge, à l’autre bout du quartier. Nous nous glissâmes sous la porte métallique et il me déclara son amour. Curieusement, le lendemain, il ne vint pas me voir. Je le revis une semaine plus tard mais il m’ignora et moi aussi d’ailleurs car je venais de rencontrer le matou de mes rêves : un chat noir aux yeux vairons, aux poils hirsutes et aux oreilles entaillées.
Ce fut au tour de mon frangin de me donner un coup de patte sur le museau.
- Son œil bleu et son œil vert me fascinèrent et je tombai sous le charme. Je lui permis de m’honorer dans mon propre jardin. À peine avait-il fini son affaire qu’un gros chartreux, il avait ses papiers sur lui, m’attrapa par le cou et me grimpa dessus. Je le mordis comme je pus, je poussais des hurlements sous la lune. Il me fit très mal car nous restâmes longtemps collés l’un à l’autre ; quand il se dégagea, il évita de justesse l’un de mes crocs et s’enfuit à toutes pattes. Mon beau ténébreux s’était tapi dans un coin du jardin et ne daigna même pas intervenir pour prendre ma défense. Mon amour pour lui s’envola aussitôt. La nuit suivante, je subis les avances de trois autres traînards dont un mâle qui s’était camouflé en échiquier.
- C’est mon papa ! murmura le Noirpiaux.
- Chut !
- Au bout de quelques mois, je me sentis très fatiguée. Mon ventre se gonflait sous mes pattes et je pris du poids. J’essayai bien de faire un régime, mais rien n’y fit ; j’étais passée de sept livres à huit livres. J’avais déjà visité cette remise et quand je vis ce vieux landau, je décidai de m’y installer pour faire un somme. Je compris que j’étais enceinte quand « Black » s’éjecta d’entre mes cuisses puis « Arc-en-ciel » et tous le suivants. Je me suis retrouvée avec six petits souriceaux piaillant et s’agitant dans tous les sens.
Une foule de protestations s’éleva de l’assemblée ; on entendit des bribes de voix.
- Une souris ! Une souris ! Et puis quoi encore ?
- Moi piailler ? Jamais !
- Chut ! Laissons poursuivre maman !
- Chacun de vous a un père différent, voilà pourquoi vos pelages ne se ressemblent pas. Mais je suis votre unique mère à tous les six.
- Et mon papa, il va venir me voir ? interrogea Blanchette.
- Mes enfants ! Vos pères ne sont pas très fidèles. Chacun d’eux a plein de progénitures et n’a pas le temps de leur rendre visites, ils sont tous très occupés. Alors mes petits, vous allez devoir compter sur moi seule.
Après ce long discours, tout le monde eut très faim et nous nous précipitâmes sur les mamelles juteuses. Maman se coucha sur le côté et ferma les yeux devant ce spectacle de gloutonnerie. Blanchette, la dernière née et la plus chétive, essaya de se frayer un passage parmi tous ces costauds qui lui barraient l’accès à la friandise, n’y arrivant pas, repoussée de toute part, elle se blottit dans un coin de la couche. Cela faisait plusieurs jours qu’elle ne s’alimentait plus, mais personne ne s’en formalisa. On aurait peut-être dû, car la semaine suivante, nous nous réveillâmes sur un triste matin de deuil. Maman prit la petite boule blanche dans sa gueule et sauta hors du landau. Nous la vîmes sortir de la remise. Quand elle revint, une demi-heure plus tard, Blanchette avait disparu de sa gueule.

Les deux pattes appuyées sur le rebord de notre lit à roulettes, je scrutais l’horizon. J’aurais bien voulu explorer tous les recoins qui s’offraient à ma vue, mais j’étais trop petit pour faire le grand saut qui me séparait du sol. Je me contentai d’admirer cet univers sombre, éclairé par un simple vasistas, incorporé dans le toit. Une étagère couverte de pots de peinture courait le long de deux murs. Nous pouvions deviner la couleur de chaque pot aux coulures sur les côtés ou aux couvercles multicolores. Je dis cela pour ceux qui comprennent quelque chose à la palette du peintre. Moi, ma vue ne me permet pas de voir la vie en rose. Mais ma vision nocturne affûtée, me fit souvent traiter de nyctalope par des gens pourtant très bien élevés. Un râteau, une bêche et un balai reposaient contre un mur, à côté de pots vides de terreau, squattés par de succulentes araignées qui me feront un excellent dessert dans quelques semaines. Deux poutres en bois, tombées à terre, affichaient de belles rainures faites de pattes de maître. Maman peaufinait son art régulièrement. Je m’y essaierai plus tard, l’imitant de mon mieux, toutes armes dehors. Malgré mon application, je ne réussis jamais une œuvre aussi aboutie que la sienne. Je m’y attaquais pourtant avec les dents et les griffes, mais ma sculpture fut un échec. Des tuiles romaines, empilées en équilibre instable, allaient nous servir de parcours du combattant et nous apprendre l’école du cirque.
Pour ce qui est de combattre, je ne m’en privais pas. Ma sœur et mes frères avaient pris du volume comme moi et l’oxygène commençait à nous manquer sérieusement, dans notre landau fait pour un unique bébé ; nous, nous étions cinq chatons et une mère. Un jour, Black, le plus fort d’entre nous, décida de faire le grand saut, au bas mot quatre-vingts centimètres. Nous le vîmes se dresser sur ses pattes arrière, celles avant posées sur le rebord de notre lit, il fit ressort avec les postérieures et se propulsa sur le sol en un atterrissage, ma foi, fort bien maîtrisé.
Quatre boules de poils essayèrent de l’imiter mais sans grand résultat. Les tentatives se soldèrent par des culbutes, des roulades arrière et des sauts stationnaires. Quand maman rentra de sa chasse et qu’elle vit Black au pied du nid, nous nous bouchâmes les lobes et les yeux pour ne pas entendre ni voir sa fureur ; qu’elle ne fut pas notre surprise de la voir le lécher avec amour et lui dire des mots tendres à l’oreille. Dès lors, ce fut le préféré de la progéniture. Notre mère, d’un bond leste, atterrit à côté de nous et prit Arc-en-ciel dans sa gueule et d’un mouvement inverse, la déposa sur le sol à côté de son frère. Elle recommença la même action trois fois, atterrissant exactement aux mêmes endroits, que ce soit à terre ou dans le landau. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le plateau « des vaches » cité plus haut.

L’exploration débuta pour les cinq rejetons. Chacun fut attiré par un coin différent de la remise ; celui qu’ils avaient repéré du haut du mirador. Mon instinct dirigea mes pattes directement dans le coin le plus sombre. Je grimpai sur une montagne de matière noire empilée au pied d’un mur et me mis à creuser de mes membres et de ma truffe. J’avais déjà observé ma mère en train de gratter la terre de cette manière dans un autre endroit de la bâtisse. Je l’imitai. J’éternuai cinq fois de suite, ce qui fit se retourner toute la petite troupe. Un seul cri d’effroi sortit de leurs gorges, sauf Black qui montra les dents. Maman m’attrapa par la peau du cou et me secoua comme un prunier. Elle me réprimanda sévèrement :
- Regarde dans quel état tu t’es mis ?
J’étais noir de la tête aux pattes. Je m’étais roulé sur le tas de charbon. Adieu mon joli pelage roux et mes socquettes blanches. Je n’étais plus qu’une vulgaire bête noire. On m’avait cloné en Black. La pluie tambourinait à grosses gouttes à l’extérieur. Ma mère me poussa d’autorité sous la porte et m’obligea à prendre une douche. J’essayai bien de m’échapper, mais elle me maintint sous l’eau. De ce jour, j’eus une sainte horreur de l’eau, préférant de loin le nettoyage à sec. Ma maman se fit arroser par la même occasion.
C’est comme cela que je pus contempler le monde extérieur avant mes frères et sœur. De la boue anthracite s’écoulait d’entre mes pattes. Quand la pluie cessa, ma mère compléta ma toilette, me bousculant plus que nécessaire. Je rigolais de voir sa langue se noircir sous le léchage. Quand le soleil darda de nouveau ses rayons, mon poil se transforma en or. J’étais redevenu moi-même. J’en fus soulagé, je ne voulais pas ressembler à mon frère de sang.

Une fois remis de mes émotions, je repris mes investigations là où je les avais interrompues, ou plutôt à côté, évitant soigneusement le coin sombre qui m’avait apporté tant de malheurs. Des odeurs bizarres me chatouillaient les narines, tout un monde nouveau s’ouvrait à mes sens. La bêche sentait la terre, le coin des murs sentait les papas et les tuiles sentaient le soleil. J’éprouvai mon équilibre en m’attaquant à la traversée des poutres par la face sud. Je n’avais pas vu que Noirpiaux s’y était engagé par la face nord, trop occupé à me concentrer sur l’obstacle et à contempler la position de mes quatre pattes. C’est facile pour vous les humains de ne synchroniser que deux pattes, mais quatre, vous imaginez ? Nous nous percutâmes le haut du crâne, roulant en un bel ensemble, dans la poussière du sol. Nous en profitâmes pour jouer à la bagarre. Je pris rapidement le dessus et lui le dessous. Quand nous nous relevâmes lui ressemblait à une souris et moi à une serpillière. Nous nous cachâmes de peur de subir une douche et nous léchâmes mutuellement, grimaçant en avalant cette matière peu goûteuse. Quand nous ressortîmes de l’ombre, chacun avait retrouvé figure animale.
Noirpiaux partit vers les tuiles et moi vers la lumière. Le dehors m’attirait comme un aimant. Je passai ma frimousse sous la porte et humai l’herbe mouillée, un régal. Je contemplais le paradis sous le soleil. Le printemps souriait. Une bête vrombissante m’attaqua sans prévenir, comme le voudrait la bienséance. Je reculai à l’abri, sous l’œil mauvais de ma mère. Elle m’attrapa à nouveau par le col blanc et me déposa au milieu du logis, me faisant comprendre que mon domaine se limitait à ce petit espace. Je fus bien triste de constater que le dehors était uniquement réservé à la toilette humide ; ce monde avait pourtant l’air si amusant !
Je ne savais pas encore que notre mère nous en réservait la visite à un moment plus propice de la journée, ou plutôt de la nuit. Je m’endormis sur un tas de chiffons embaumant le pétrole et la térébenthine, parfums ô combien subtils. Mes frères me regardèrent avec envie, je refusai catégoriquement de leur laisser la place. Je ne cédai même pas sous les coups de boutoir de Black, qui s’éloigna, penaud, pour se trouver un autre coin. Nos dix-huit heures de sommeil quotidien exigeaient un lit confortable et sécurisant, attribué à vie ; j’avais tout lieu d’être satisfait de ma trouvaille, quand je vis Black sauter d’un bond leste dans notre ancien landau de bébé. Je me mis à regretter de n’en avoir pas eu l’idée avant lui. Une certaine rivalité commençait à naître entre nous.

Quand mes quatre paupières s’ouvrirent, et oui, tout est en double chez nous les félins, les pattes, les paupières et l’intelligence ; donc quand j’ouvris les yeux, la lumière ne filtrait plus sous la porte de l’univers interdit.
J’étirai un à un mes quatre membres engourdis par ces dix heures de sommeil, puis je fis le gros dos et quelques assouplissements de la tête. Il ne faudrait quand même pas se faire un claquage. Puis comme tous mes frères et sœur je me précipitai vers ma mère pour un souper tardif ou un petit déjeuner matutinal, comme on voudra ; mais quelle ne fut pas notre surprise de la voir nous refuser l’accès à son garde-manger, à force coups de pattes et de tête. Nous nous rassemblâmes, dépités, autour de notre nourricière réticente.
- Mes enfants ! Ce soir vous allez goûter une autre nourriture ! Nous allons à la chasse !
- Youpi ! Super ! Génial ! Trop cool !
Les superlatifs fusaient de toutes les gorges.

 Posté le Mardi 4 Septembre 2012 à 08h18 | Laisser un commentaire| 3 commentaires | Lien permanent

JEAN DE LA FONTAINE
LE CHAT ET LES DEUX MOINEAUX
de Jean de La Fontaine


Un chat, contemporain d'un fort jeune moineau
Fut logé près de lui dès l'âge du berceau
La cage et le panier avoient mêmes pénates.
Le chat étoit souvent agacé par l'oiseau
L'un s'escrimoit du bec, l'autre jouoit des pattes.
Ce dernier toutefois épargnoit son ami,
Ne le corrigeant qu'à demi.
Il se fût fait un grand scrupule
D'armer de pointes sa férule.
Le passereau, moins circonspect,
Lui donnoit force coups de bec.
En sage et discrète personne,
Maître chat excusoit ces jeux ;
Entre amis, il ne faut jamais qu'on s'abandonne
Aux traits d'un courroux sérieux.
Comme ils se connoissoient tous deux dès leur bas âge,
Une longue habitude en paix les maintenoit ;
Jamais en vrai combat le jeu ne se tournoit.
Quand un moineau du voisinage
S'en vint les visiter, et se fit compagnon
Du pétulant Pierrot et du sage Raton.
Entre les deux oiseaux il arriva querelle ;
Et Raton de prendre parti.
« Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle,
D'insulter ainsi notre ami !
Le moineau du voisin viendra manger le nôtre ?
Non de par tous les chats ! » Entrant lors au combat,
Il croque l'étranger. « Vraiment, dit maître chat,
Les moineaux ont un goût exquis et délicat. »
Cette réflexion fit aussi croquer l'autre.
Quelle morale puis-je inférer de ce fait ?
Sans cela, toute fable est un oeuvre imparfait.
J'en crois voir quelques traits ; mais leur ombre m'abuse.
Prince, vous les aurez incontinent trouvés :
Ce sont des jeux pour vous, et non point pour ma Muse ;
Elle et ses soeurs n'ont pas l'esprit que vous avez.
(en vieux français dans le texte)
 Posté le Lundi 20 Août 2012 à 10h53 | Laisser un commentaire | Lien permanent

POESIE FELINE
Le chat et la lune

Le chat s'en allait ça et là,
La lune tournait comme une toupie,
Le plus proche parent de la lune,
Le chat rampant, leva les yeux.
Minnaloushe rampe dans l'herbe
De flaque de lune en flaque de lune,
Et là-haut la lune sacrée
Commence une phase nouvelle.
Minnaloushe a-t-il conscience
Que ses prunelles changent sans cesse,
Qu'elles vont du cercle au croissant,
Pour aller du croissant au cercle ?
Minnaloushe rampe dans l'herbe,
Solitaire, sage, important,
Levant vers la lune changeante
Ses yeux changeants.

William Butler Yeats

Lien vers FACEBOOK
http://www.facebook.com/ChatPitre51

 Posté le Mercredi 8 Août 2012 à 08h22 | Laisser un commentaire| 4 commentaires | Lien permanent

LILLIAN JACKSON BRAUN
Les articles, écrits dans le style démodé des suppléments du dimanche, relataient la façon dont "un sculpteur jeune et beau" nommé Mortimer, était tombé amoureux de la charmante Helen Maude Hake, une jeune femme qui faisait de la céramique. Il se trouvait, hélas ! qu'elle était également la "protégée" du Hugh Penniman "le philanthrope bien connu". A la suite d'une soirée tumultueuse dans l'atelier, le corps du sculpteur amoureux avait été retrouvé dans la rivière et un verdict de "mort accidentelle" avait été prononcé par le coroner. Peu satisfait par la façon dont cette affaire avait été escamotée, le "Fluxion" avait tenté d'interviewer d'autres artistes, mais ceux-ci ne s'étaient guère montrés coopératifs. Peu après, l'épisode trouva sa conclusion tragique quand "la charmante Helen" se donna la mort, suivant Mortimer dans sa tombe aquatique. Elle avait laissé une lettre expliquant son suicide, mais cette lettre n'avait jamais été rendue publique.
Qwilleran venait juste de terminer sa lecture quand il entendit un bruit à l'autre bout de la pièce, il vit un livre à couverture rouge qui venait de tomber ouvert sur le sol. D'un bond souple, Koko atterrit à côté du livre qu'il se mit à renifler.
- Mauvais chat gronda Qwilleran.
C'était un livre de bibliothèque à couverture fragile.
- Le bibliothécaire va me fusiller. Mauvais chat, répéta-t-il.
Au même instant, Koko fit le gros dos en couchant ses oreilles en arrière, la queue du chat se gonfla et il se mit à tourner en rond autour du livre, dans une étrange danse rituelle sur ses longues pattes raides. Il fit le tour du livre une, deux, trois fois et Qwilleran ressentit un frisson et un pincement au fond de son estomac. Un soir déjà, dans une cour glaciale, Koko s'était livré à cette performance. Un soir, il avait tourné en rond autour d'un corps.
Maintenant il s'agissait d'un vieux livre à couverture rouge intitulé : "l'art ancien de la poterie". Le silence ne fut coupé que par le son lugubre d'une sirène dans la nuit.

La série de Lillian Jackson Braun "Le chat qui" nous conte les histoires de Qwilleran, le journaliste à la retraite et de ses deux chats siamois : Koko, un fin limier du crime et de sa compagne Yom yom, cleptomane à ses heures. Une vingtaine de titre est sortie et à 97 printemps, l’auteure continuait encore à écrire. Les derniers titres sont peut-être un peu moins « péchus » mais si vous n'en avez jamais lu, je vous conseille de vous plonger dans ses premiers écrits.
 Posté le Mardi 7 Août 2012 à 08h44 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

RENCONTRE
C'est un parking à touristes comme tant d'autres, pourtant il fut le lieu d'une brève rencontre qui m'a marqué. C'était lors d'une halte pique-nique sur la route des vacances, pendant que nous déjeunions Surcouf mettait à profit la totalité de sa longe pour inspecter le muret de pierres du parking. Une dame aux cheveux argentés s'est approchée, de grosses lunettes à monture d'écailles couvraient ses yeux, elle avait une main sur sa bouche, qu'elle tendit à Surcouf en arrivant devant lui. Les présentations faites il accepta avec gourmandise les caresses autour du cou et les grattes-grattes sous la nuque. Se sentant observée elle me vit et vint vers moi, elle m'expliqua alors, en anglais, qu'elle avait eu un chat identique trait pour trait à Surcouf. Elle conclut ses explications en disant, « il était tellement merveilleux » ; le dernier mot s'étrangla un peu dans sa gorge, ses yeux s'embuèrent, elle bredouilla un au revoir et s'éloigna rejoindre son mari qui patientait sur l'allée du parking. A cette époque j'avais été plus interloquée qu’émue par cette rencontre. Les années ont passées, aujourd'hui j'aime d'autres chats, mais Surcouf est toujours dans mon cœur et je réalise que j'ai rejoint cette dame dans la confrérie des humains qui ont aimé un chat d'exception et qui ne pourrons jamais s'en détacher. Les chats ne meurent jamais, ils disparaissent.
Et plutôt que de le faire empailler, je l'ai immortalisé à jamais dans mon roman : http://www.lulu.com/shop/search.ep?type=&keyWords=chat+pitre&sitesearch=lulu.com&q=&x=7&y=7

 Posté le Mardi 10 Juillet 2012 à 08h13 | Laisser un commentaire | Lien permanent

Mon futur roman
TROPIQUE DU CHAT

C'est l'histoire d'un chat antillais qui est né sur l'île des Saintes. Il s'embarque malencontreusement sur un bateau en partance vers la grande île de la Guadeloupe. Au gré de ses pérégrinations il nous fait découvrir l'île papillon, ses plages, sa faune, sa flore. Après ce long périple, retrouvera-t-il son port d'attache, Terre de Haut sur l'île des Saintes ? Ce roman est en cours d'écriture.

EXTRAIT :
TOUSSAINT LOUVERTURE

Avant cela faisait clic, clic, clic, maintenant cela fait zii, zii, zii. Avant ils se cachaient derrière, maintenant ils le tiennent à bout de bras. Avant je me sauvais, pensant qu’ils voulaient m’attraper, en fait ils m’attrapent bel et bien, mais seulement une partie de mon âme. Maintenant je ne bouge plus.

Il est 17 heures 30, j’attends les pêcheurs sur la bitte d’amarrage, celle à l’extrémité gauche. La perspective est belle, c’est pour cela qu’ils me photographient : moi, le quai des Saintes et à l’horizon, la mer turquoise. La plupart rate la photo; pensez donc, je suis face au soleil et eux aussi, alors le contre-jour ! Un plot noir, une masse noire posée dessus, deux triangles au sommet : une colonne de Buren aux rayures noires et noires rehaussée de deux minuscules pyramidons et c’est tout ! Ceux qui attendent le coucher du soleil ne s’en sortent pas trop mal. Quelquefois un éclair blanc me lèche la queue et là c’est réussi.
Quand les pêcheurs arrivent je ne les intéresse plus, ils photographient les saintoises et sa cohorte de Mauves à tête noire qui les accompagne. Cet oiseau au plumage gris ardoise sur le dos, au ventre blanc, à la tête entièrement noire en cette période nuptiale et au bec et aux pattes d’un rouge foncé est la mouette des Antilles. Les bacs en plastique anthracite, orange, bleu ou vert, sont déchargés sur le quai en béton, ils regorgent de poissons blancs, jaunes, rouges ou argentés. Il y en a des petits et des gros, des ailés et des armés, des rayés et des à pois, des vivants et des morts, des comestibles et des succulents. La mer Caraïbe est encore généreuse avec ces travailleurs des flots.

Je suis descendu de mon piédestal et je me suis posté derrière les cageots multicolores, et j’attends. Trois grands gosiers, aux airs de dodos d’un autre temps et à l’allure pataude et débonnaire, sont restés perchés sur des pieux plantés dans l’eau turquoise à deux encablures de la plage et patientent aussi dans l’alizé de cette fin de journée. Les pélicans bruns avec leur bec d’accordéoniste sont des opportunistes et si une des cagettes venait à sombrer dans les vagues, elle ne serait pas perdue pour tout le monde.
Je regarde le ballet des mains. Soudain, une tête de poisson tournoie dans l’alizé, trois clapets se sont ouverts à l’unisson et six prunelles noires bordées d’azur fixent la proie qui virevolte dans les airs, je la rattrape au vol, deux zié (yeux) de roitalibi me supplient, je n’en ai cure, je le mutile encore un peu plus. Un régal. Un barbarin, ou rouget pour les z’oreilles, trop petit pour la vente, atterrit entre mes pattes, je lui jette un sort. Puis un bout de nageoire caudale effrangée me passe au-dessus de la tête et tombe dans le sable blond; un chat malingre a déjà bondi derrière mon dos, je fais volte-face, je feule une seule fois, il recule et ne me quitte pas des yeux pendant que je me lèche les babines. Les trois dodos sur pilotis n’ont pas bougé, ils ne m’ont jamais attaqué, pourtant devant leur trois mètres d’envergure je ne ferais pas le poids.
Ce que je préfère se sont les pêcheurs à casier avec leur drôle de nasse tressée à la forme biscornue. Ceux-la ramènent le trésor des mers caraïbes : les crabes et les langoustes. Mais ils ne sont guère aimables avec la gent féline. C’est jour de fête quand je trouve une patte délaissée par une bête, car il ne faut pas rêver, jamais à ce jour, un seul décapode n’a été lancé dans ma direction par un crabier.

La diversité des ressources halieutiques des Petites Antilles me classe dans la catégorie chat chanceux. La variété des poissons et autres crustacés est telle que je ne peux tous les citer, mais je vais quand même vous donner un aperçu de mes préférés. Celui qui n’aime pas le poisson peut sauter au paragraphe suivant.
D’abord les poissons dit blancs : le mulet, la bonite, le thon, le thazard, le barracuda, le balarou, le coulirou ou chinchard, le macrio et la carangue, uniquement de nationalité martiniquaise, car en Gwadloup elle est toxique. Allez savoir pourquoi ? Les poissons dit rouges, sont les plus nombreux : la souris, le barbarin ou rouget, le marignan, les patates, le couronné, le roiliroi, le vivaneau, le roitalibi, la vierge, la pague, la sorbe, le vermeil, le grand z’yeux, les sardes et les capitaines, uniquement martiniquais, car eux aussi sont toxiques en Gwadloup et pour finir le fin du fin : le juif. Les bizarres poisson coffre et poisson lune, le minuscule titiri, sa majesté l’espadon et l’effrayant requin complètent le tableau. Mais le plus beau, le plus emblématique, le plus majestueux est sans conteste la dorade moirée or et argent avec son mètre vingt de saveur. Je dois avouer que je n’en ai pas mangé souvent. Je ferais tout aussi bien mon ordinaire de langouste, de lambis ou de chatrou, notre poulpe antillais, mais là encore ce n’est pas ma nourriture quotidienne. Vous l’avez compris, je suis fine gueule et j’adooorrre les sushis. Je suis un hédoniste et j’en suis fier. Mais arrêtons d’ergoter.

Je patiente, les poissons passent d’un bac à une page de France Antilles, d’une cagette à une paume de main calleuse, d’une table à un panier en feuilles de palme. Des bouts de papiers multicolores et froissés changent de main. Un touriste essaie de négocier un prix, mais un local remporte le lot. Une femme blanche se met soudain à crier, des rires colorés fusent, deux tentacules d’un octopode se cramponnent à son avant bras. Un macrio, trop abîmé s’envole, je le récure jusqu’aux arêtes puis tourne enfin les métatarses, à la grande joie des dizaines de paires d’yeux qui ne m’ont pas quitté du regard depuis que le manège des poissons volants à commencé.
Je suis rassasié, je laisse ma place aux chatons de l’année, frappés d’aboulie, mais beaucoup trop frêles pour disputer la pitance d’un mâle entier de six mois leur aîné et deux livres de plus. Je suis repu. Il me faut rejoindre mon repère pour une sieste digestive bien méritée. Le soleil est couché mais l’agitation de l’île ne s’éteindra pas avant deux heures. J’ai de longues minutes devant moi avant de m’adonner à mes activités nocturnes.
Je contourne le débarcadère, je longe un amoncellement de filets multicolores emmêlés, de bacs en plastique éclatés, de nasses béantes, de bidons éventrés, de bâches déchirées, de bouées fluorescentes; je me faufile entre des saintoises aux coques retournées et je file vers une ruelle sans issue, sauf pour moi. Je saute sur le muret au bout de l’impasse et je me retrouve dans la rue principale, je marche dans le caniveau très profond, trente centimètres, qui permet d’évacuer rapidement la pluie des averses tropicales et de garder les pieds des Saintois au sec. Le bar compte peu de clients à cette heure-ci, ils sont encore tous au port, pêcheurs comme acheteurs; je m’installe sur la chaise au fond du bistrot et ne tarde pas à sombrer dans le sommeil félin.
Je suis secoué de tremblements, je rêve qu’un petit crabe terrestre au corps rouge et à calotte noire vient de surgir de son terrier et me défit de ses petits zié noirs en forme de bouton de bottines. C’est un crabe Touloulou, qui vit aux abords des zones sableuses, mais qui ne sait pas nager. Je m’approche, il recule en crabe, comme il se doit, soudain je bondis et l’écrase de toute la force de mes pattes, la carapace cède dans un bruit sec. Je me délecte de la chair rosée puis je m’enfonce au cœur de la mangrove. Peut-être trouverais-je à me mettre sous les crocs un crabe à barbe, aux pattes velues comme les araignées, aux pinces violettes et ivoire et qui font les délices des repas de Pâques sur les îles Antillaises ? Je ne me rappelle pas la suite de mon rêve, mais ce que je suis sûr, c’est que je ne mets jamais les pattes dans la mangrove : beaucoup trop humide à mon goût.


Lien vers mon autre blog félin :
http://chat-pitre.over-blog.com

 Posté le Mercredi 27 Juin 2012 à 08h16 | Laisser un commentaire | Lien permanent

DEUXIEME ROMAN FELIN


PAR CAT CHEMINS

mon deuxième roman félin.

BLACK, le frère de SURCOUF, quitte sa fratrie. Après une adoption et un changement de nom ( il s'appelle désormais ATTILA ) il perd son tout nouveau maître lors d'un déménagement. Il billebaude pendant quatre ans, longeant tel le fil d'Ariane, la voie ferrée qui traverse la ville de part en part. Souvent affamé, parfois blessé, solitaire, parfois sédentaire, nourri, soigné il vit sa vie de chat errant. A l'issu de cette existence pleine de rencontres, d'aventures et d'embûches, va-t-il enfin trouver un compagnon pour finir paisiblement sa vie de matou ?

Les titres des chapitres sont un hommage à Tintin et Milou :
- coke en sacs
- le trésor de goupil le roux
- les sept boules et l’Albal
- Black et les pique-assiettes
- Les bijoux du castrat, etc……

Lien vers PAR CAT CHEMINS :
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Ddigital-text&field-keywords=par+cat+chemins&x=16&y=12

EXTRAIT :
1er CHAPITRE : Coke en sacs


Avant je m’appelais Black, juste Black. Mais Attila ça me va…

Pourtant à mes débuts j’étais blanc, tout blanc. Quand j’étais chaton je suis tombé dans un sac de cokes posé dans le coin nord de la remise où je suis né; maintenant je suis noir, tout noir avec des émeraudes à la place des yeux.
Les yeux des chats sont des joyaux : ambre, topaze, aigue-marine, améthyste, rubis mais là ce n’est pas normal, ou jade comme les miens; contrairement aux humains qui ont les yeux bruns, bleus, noirs, verts, glauques ou rouges mais là c’est inquiétant. La nuit si je ferme les paupières je n’existe plus, mais si je les ouvre on peut découvrir mes pierres précieuses en amande, deux gemmes que dame nature m’a offertes en cadeau.

Pour un mois de novembre, le soleil est plutôt généreux. Ses rayons dardent à travers la baie vitrée du salon et viennent s’écraser sur le canapé de lin clair. Au beau milieu, une tâche sombre donne l’illusion d’un trou circulaire d’où nulle lumière ne ressort. Je suis ce « trou noir », mon pelage est fait pour la nuit.
Cette chaleur me procure un plaisir intense qui hérisse le pelage de mon dos. Le bien-être de cette pose en arrondie est contrecarré par mon envie de m’étirer. Finalement j’opte pour la solution intermédiaire, j’allonge au plus loin mes antérieures, toutes griffes dehors, la truffe au ras des pattes. Je conclus l’exercice par un bâillement toutes dents sorties avec au final un claquement de mâchoires sonore.
Après la chambre sans vue et le ciel vu du plancher par la seule fenêtre de toit du logement, cette petite maison de ville est un paradis, une porte coulissante, une baie vitrée côté jardin et deux observatoires côté rue, de quoi occuper un chat quelques heures dans une journée.
Les premiers accords de la Danse du Sabre retentissent derrière moi, mettant en action mes deux cornets auditifs amplificateurs. Quand je dis deux je devrais plutôt dire un et demi, mon oreille gauche étant amputée de sa moitié supérieure, souvenir d’une bataille cuisante.
Mon compagnon à deux pattes ramasse son téléphone posé à même le sol et décroche. Commence alors le petit jeu de la demi conversation; en entendant un seul des deux interlocuteurs, le challenge consiste à reconstituer l’échange dans son intégralité; car cet appareil permet à des humains souvent fort éloignés géographiquement de se parler, souvent pour ne rien dire. J’avais appris à force d’habitude à faire la différence entre les humains se parlant à eux même, ceux qui s’adressaient à moi et ceux qui parlaient avec un correspondant fantôme comme en ce moment.
Après les politesses d’usage je dressai un pavillon, j’avais entendu mon nom.
- Oui, Attila va bien, sa nouvelle maison à l’air de lui plaire, enfin surtout le jardin.
- …
- Avec Jamie ? Oh c’est plutôt distant, lui évidemment veut le toucher, l’attraper mais Attila n’est pas franchement d’accord. A chaque fois il file dans une autre pièce, par contre quand il va savoir marcher ce sera une autre histoire.
- …
- Si, je pense qu’il m’a reconnu ? C’est difficile à dire tu sais, mais dès son arrivée il était très amical avec moi, bon avec Julie c’est autre chose, il se méfie malgré tous ses efforts.
- …
- Oui, ça fait quatre ans mais il parait qu’un chat n’a pas la notion du temps qui passe, alors va savoir ce qu’il pense.
- …
- Hein !
- …
- Ah oui !
- …
- Moi ? Ben ça m’a fait un sacré choc, j’étais sceptique au début, je ne voulais pas le reconnaître, je pensais que c’était un autre, je le croyais mort de faim ou écrasé. Jamais je n’aurai imaginé le retrouver comme ça !
- …
- Ouais, heureusement qu’il était tatoué, c’est un petit miracle.
- …
- Oui d’accord je vais le lui dire. Salut !
Il parait que les humains payent pour tout; c’est pour cela qu’ils travaillent. Ils payent pour se loger, pour se nourrir, pour se déplacer et pour communiquer. Pour nous les chats tout est gratuit; c’est pour cela que nous passons nos après-midi à faire la sieste et les nuits à déambuler à travers les rues et les champs. La locomotion est assurée par les coussinets. Le logement est offert gracieusement, si ce n’est un meublé, c’est une cave ou une grange; la pitance tombe automatiquement toutes les deux heures, enfin surtout si on habite un meublé, sinon il faut aller à la chasse ou jouer les pique-assiettes.
Les saveurs sucrées, salées, âcres, subtiles, nuancées, épicées ou entêtantes, tout nous parle. Mon plat préféré est le steak tartare, j’aime aussi la langouste et j’adore les sushi sans les petits vers blancs qui leurs collent à la peau. Je suis réceptif à toutes les flaveurs. Je me targue d’être goûteur professionnel, un nez comme on dit dans le métier. J’écoute mon sens olfactif puis un coup de langue et c’est jugé !
Il y surtout trois familles d’aliments que je déteste : le genre médicamenteux, le végétaliste et le pimenté. Pour les boissons je me contente de l’eau du robinet changé trois fois en cours de journée et à température ambiante sauf aux deux pôles, de lait tiédi et de jus de thon. Je déteste la soupe de légumes, le sirop médicinal et le champagne. Ne rigolez pas, j’ai essayé toute la panoplie. La deuxième boisson, un homme en blouse blanche a essayé de me la faire ingérer de force en l’introduisant au fond de ma gorge. Une fois que j’eu épuisé toute les ressources d’intimidations à ma disposition, il renonça et alla tamponner du désinfectant sur les marbrures rouges de ses avants bras.
Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est partager le dîner de mon compagnon, surtout les plateaux télé-repas qu’il se préparait dans notre ancienne vie, maintenant avec femme et enfant il semble qu’il en soit privé. Nous nous installions tous les deux sur le lit, lui adossé à deux oreillers, moi le dos calé contre un coussin de satin et la distribution commençait. Un bout de pâté de foie sans pain, un morceau de jambon sans couenne, un échantillon de brie sans croûte et une petite cuillère de yogourt sans fruit. Je ne suis pas très exigeant, un rien me suffit. Je ronronnais tout le long du repas, maintenant ces moments d’intimité ont pris fin mais j’y ai gagné un cordon bleu, autant l’homme était le roi de l’ouvre boîte, autant la femme me cuisine des moules à la marinière, du lapin en gibelotte et de l’épaule de mouton farcie. Si je garde mes distances avec cette étrangère la plupart du temps, quand elle est dans sa cuisine, je ne la quitte pas d’une cheville.

Nous utilisons les deux « S » pour communiquer : le langage des sons et le langage des signes et pas un appareil coûteux, qui vous envoie une facture tous les mois. Prenons le premier signe, la méfiance : queue basse, regard fuyant, rasant les murs ou planqué sous une chaise; ensuite, la peur : yeux dilatés, dos creusé, oreilles baissées; la satisfaction : yeux clos, queue se balançant doucement, ronronnements; la colère : dressé sur les pattes, queue fouettant vivement l’air, crachements, grondement sourd; l’interrogation, le plus facile des langages des signes : les oreilles orientées dans la bonne direction, la queue en point d’interrogation; la flatterie : regard fendu, ondulation du corps, attouchements; l’indifférence : yeux mi-clos (on ne sait jamais), queue enroulée autour des pattes, les oreilles semi fléchies. Et je pourrais vous en citer encore des dizaines d’autres.
Pour le langage des sons la panoplie à notre disposition est infinie : feulement, gémissement, miaulement, hurlement, ronronnement, grincement, vibration gutturale. Les humains aussi possèdent plusieurs options pour s’exprimer, le cri, le chuchotement, les insultes, les messes basses, les pleurs, le rire, le murmure, le grognement, le baratin, les onomatopées, la voix de baryton, basse, soprano, ténor (mais là il n’ont le droit qu’à un seul choix), la ventriloquie, l’ergoterie, le gazouillement au début de leur vie, le marmottement à la fin; des fois ils s’essayent au ronronnement, surtout les femmes, une pâle copie souvent très lointaine de l’originale.
Si les humains se contentaient des sons naturels, tout irait bien pour les délicates oreilles félines, mais ce n’est pas le cas, ils ont inventés toutes sortes de machines infernales pour nous agresser ou nous terroriser : les aspirateurs, les marteau-piqueurs, la sirène des pompiers, le klaxon et les mobylettes trafiquées.
Si vous êtes nés chat des champs, les hommes ne manquent pas d’imagination pour vous casser également les oreilles, ils sont même fiers de leur trouvaille : le home cinéma, cinq hauts parleurs multidirectionnels, son hi fi stéréo haute définition, watts à profusion, de quoi brouiller les sondes acoustiques de compagnons félins dans un rayon de cinq cent mètres. Par contre j’aime la musique, surtout le classique, je déteste le métal, le free jazz et le hard rock; mon compagnon de vie a appris à connaître mes goûts musicaux, la Danse du Sabre se poursuit, un morceau tout à fait acceptable pour ma sensibilité.

Il repose le téléphone, contourne le canapé et s’assoit à côté de moi, je sens qu’il brûle d’envie de me soulever et de me poser sur ses genoux, mais je fais semblant de dormir et ma posture ne lui donne guère de prise. Pour ma part je ne risque pas de bouger, il s’est assis à l’ombre ! Finalement il avance la main et me gratte l’arrière du crâne en descendant le long de ma nuque. Je redresse la tête et la tourne de côté pour l’inviter à continuer, ce qu’il fait de bon cœur.
- Tu m’as manqué tu sais ! Marie t’embrasse, Attila, tu te souviens d’elle ?
Ce nom ne me dit fichtrement rien, par contre mon nom m’était revenu dès qu’il l’avait prononcé après son scepticisme passé et il me sembla à ce moment que ça faisait bien longtemps que je ne l’avais entendu. Mon compagnon ne l’avait pas choisi par hasard, mais au contraire après mûres réflexions, il m’avait consciencieusement baptisé Attila après ma première adoption. J’ignore où il avait gobé cette légende typiquement humaine qui prétend que pour qu’un chat réponde à son nom, il faut qu’il en soit fier et donc se doit d’être baptisé d’un nom illustre. Son choix se porta donc sur un conquérant célèbre dont la saga prétend que là où Attila passa, l’herbe ne repoussa jamais. C’était son sens de l’humour sûrement et une basse vengeance je crois, à cause de mon acharnement à massacrer définitivement tout tentative d’installation de plantes en pot dans son premier logis.
Si au début ce nom n’évoquait pas grand-chose en moi, aujourd’hui après toutes ces aventures, l’entendre à nouveau me fait ronronner d’aise. Du coup il redouble d’ardeur dans ses caresses, à ma grande satisfaction. Les chats eux ne s’encombrent pas de toutes ces choses futiles, ils vont à l’essentiel; pour une mère chatte l’important est de nourrir et d’éduquer ses chatons, les noms n’ont que peu d’importance. Ma mère ne s’encombra pas de chercher un nom évocateur, je m’en souviendrai toujours, ma génitrice baptisa sa portée selon notre pelage, elle m’appela Black.

Des bribes de mon enfance me reviennent en mémoire. J’ai vu le jour ou plutôt la nuit, car j’étais aveugle à la naissance, à l’extrémité d’un jardin, au bout d’une remise, au fond d’un landau, comme les bébés d’homme. Nous sommes six blottis les uns contre les autres, apeurés quand notre mère nous quitte, se bousculant sans se voir, piaillant de concert comme des oisillons au nid quand elle revient, pourtant elle ne régurgite jamais de nourriture mais nous offre ses mamelles pleines de lait en récompense.
Premier né, je suis le plus costaud de la portée de six. Je choisis la plus grosse et la plus juteuse des mamelles, me la disputant avec un rouquin aux yeux d’ambre. Ma mère me le présente comme mon frère, Rayon de Soleil, mais je ne la crois pas, il ne me ressemble en rien; je suis blanc, il est roux, j’ai des yeux d’émeraude, il a des yeux topaze. J’affirme haut et fort, malgré les dénégations de ma mère Luth que la couleur jais de ma robe est due à ma chute dans les galets de houilles, car ma génitrice, écaille de tortue, est blanche, fauve, miel et ocre mais aucunement noire; quand j’ai vu le jour j’étais blanc comme neige, comme le dessous de son ventre et puis j’ai eu ce stupide accident et maintenant je suis Black.
Un jour le landau devint trop petit. Je fus le premier et le seul d’ailleurs à faire le grand saut, me jetant littéralement dans le vide, au bas mot quatre-vingt centimètres, coussinets en avant. Les autres, couards, ne réussirent jamais à égaler mon exploit; ceci n’étant pas vraiment un exploit, puisqu’un chat peut sauter cinq fois sa hauteur et six fois sa longueur. Au pied de notre couche, je vois mes frères et sœurs s’agripper au bord, je les entends couiner, je les regarde sauter sur place; il fallut que notre mère les descendent un par un dans sa gueule pour qu’ils me rejoignent sur la terre ferme. Mais ceci est une autre histoire.

La journée s’achève, l’air vibre à mes oreilles. Il fera encore beau demain, comme à chaque fois que je l’entends. Le bruit vient de l’est et annonce une belle aube à venir. C’est un phénomène météorologique qui dépend du sens du vent. Ce son familier, atténué m’a accompagné tout le long de l’aventure que je vais vous conter; si ancrée dans ma mémoire que j’ai l’impression de la vivre au présent. Effrayant, strident, assourdissant, le train chuinte dans le crépuscule.


 Posté le Mardi 26 Juin 2012 à 08h48 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

ROMAN FELIN
CHAT PITRE de CHRISTINE LACROIX
est un premier roman félin.

SURCOUF, le rouquin castré, nous narre sa vie de sa naissance à sa mort, avec ses mots à lui, son ressenti, son humour de chat de gouttière.

Plein d'anecdotes, de pitreries, d'aventures et de concurrence avec le tigré entier "MONSIEUR" qui squatte son jardin et qui urine sur son tas de bois dès qu'il tourne les métatarses.

Lien : http://www.lulu.com/shop/search.ep?type=&keyWords=chat+pitre&sitesearch=lulu.com&q=&x=7&y=7

Extrait :
L’ENFANCE

Le premier son que j’entendis fut « kirk, kirk, kirk ! ». J’étais aveugle, je trouvai ce cri charmant, je l’imitai de mon mieux. Je fis « kirk, kirk, kirk ! ». Quelque chose de râpeux et d’humide me passa sur le nez et le corps, je criai plus fort. Une sensation de vide au creux de l’estomac m’envahit. On me bouscula. Je donnai un coup de museau pour me défendre. J’ouvris la bouche et une chose pointue et chaude me remplit la gueule. Je suçai machinalement ce bonbon acidulé et un liquide mielleux et douceâtre me coula dans la gorge. Je n’avais jamais rien goûté d’aussi bon ; il faut dire que c’était le premier repas de mon existence.

Quelques jours plus tard, après une routine de toilettage, mangeaille et farniente, mes yeux s’ouvrirent sur mon univers. Je ne vis qu’elle, d’abord, «ma maman ». Une magnifique chatte que le peintre avait bariolée de toutes les couleurs de sa palette. Elle me communiqua tout son amour d’un coup de langue rugueuse sur mon petit museau rose. Je l’aimais immédiatement et me blottis entre ses pattes avant. Aucun de mes frères et sœurs, j’en avais plein, je les compterai plus tard, n’étaient d’accord. Ils essayèrent de me subtiliser ma place. Je dus me battre griffes et crocs pour la garder. Je m’endormis, épuisé par ce premier combat, qui ne sera sûrement pas le dernier de ma vie de matou.

Mes deux sœurs que je reconnus aux attributs manquant derrière leurs pattes arrière et mes trois frères étaient pelotonnés dans le nid douillet. Celui-ci n’était rien d’autre qu’un landau de bébé abandonné dans une vieille remise, au fond d’un jardin, depuis des années ou même des siècles. Il était poussiéreux à souhait et de vieux chiffons pleins de graisse et de senteurs diverses en recouvraient le fond. Notre mère avait bien fait les choses, un vrai paradis pour minous. Je m’y sentis à l’aise dès les premières minutes de ma vie.
Notre nourricière était d’une race européenne et se targuait d’être une pure chatte de gouttières. Je croyais au début que ça signifiait qu’elle faisait l’équilibriste, à la nuit tombée, sur toutes les gouttières du quartier, mais en fait, j’appris plus tard que c’était un nom un peu péjoratif pour désigner les chats qui avaient perdu leurs papiers d’identité à leur naissance, comme nous six d’ailleurs. Dans quelques semaines, j’allais rencontrer des compagnons qui eux étaient moins brouillons et avaient gardé les leurs, comme Monsieur le Persan, Madame de Siamois ou Mademoiselle l’Orientale.

J’étais donc un petit rouquin sans pedigree mais avec de magnifiques socquettes blanches, surtout au début de ma vie et souvent grises ou tachetées quand je me mis à arpenter le plateau des vaches. J’ignore pourquoi on appelle ces voies asphaltées « le plateau des vaches », car je n’en ai jamais rencontré ; les seuls animaux à quatre pattes que j’aperçus dans les rues de ma ville, furent les chiens, les rats, les lapins et les bébés. Mes oreilles transparentes et mon petit nez rose trahissaient des gènes albinos ; mais mon plus bel atout était mes yeux, j’avais hérité ceux de mon père. (Ma mère me le décrit comme un beau mâle orange aux yeux couleur soleil). Les miens étaient dorés et imitaient à la perfection les reflets de mon pelage. De ma mère j’avais hérité les poils blancs de son cou.
Chacun de mes frères et sœurs avaient emprunté une teinte de couleur sur une partie différente de son corps. Il y avait « Blanchette », minuscule touffe de poil neige comme le dessous de son ventre ; « Noirpiaux » avait décidé d’imiter le masque facial noir et blanc de notre maman ; « Tigre » avait un pelage rayé gris souris comme la queue de celle-ci, son poil angora était tout ébouriffé ; « Arc-en-ciel » était le parfait clone de notre mère et la plus réussie de la joyeuse troupe. J’apprendrai plus tard, que comme notre maman, son pelage s’appelait du joli nom d’écaille de tortue. Le plus costaud, « Black », un mâle noir aux yeux verts était le seul à ne ressembler aucunement à nos parents.

Je savais qu’il mentait quand il me raconta que son père à lui était un « pur gouttière » d’un noir de jais. En colère, je lui donnai un coup de patte et lui signifiai que notre papa à tous était un rouquin aux yeux dorés, ma mère me l’avait dit, un point c’est tout. Notre maman, voyant que l’on se chamaillait à propos de notre lignée, nous rassembla tous les six et nous narra ses nuits d’amour.
- Mon premier coup de foudre fut pour un beau rouquin aux yeux couleur de miel.
Je donnais un coup de tête à mon frangin.
- Tu vois bien que c’est notre père ! lui glissais-je à l’oreille.
- Chut ! Attend ! Écoute la suite de l’histoire !
- Il habitait un magnifique garage plein de bidons d’huile et de vieux chiffons graisseux. Il vint me jouer ici même la sérénade pendant une semaine entière et quand il chanta vraiment juste, je le suivis dans son appartement surmonté d’un chevron rouge, à l’autre bout du quartier. Nous nous glissâmes sous la porte métallique et il me déclara son amour. Curieusement, le lendemain, il ne vint pas me voir. Je le revis une semaine plus tard mais il m’ignora et moi aussi d’ailleurs car je venais de rencontrer le matou de mes rêves : un chat noir aux yeux vairons, aux poils hirsutes et aux oreilles entaillées.
Ce fut au tour de mon frangin de me donner un coup de patte sur le museau.
- Son œil bleu et son œil vert me fascinèrent et je tombai sous le charme. Je lui permis de m’honorer dans mon propre jardin. À peine avait-il fini son affaire qu’un gros chartreux, il avait ses papiers sur lui, m’attrapa par le cou et me grimpa dessus. Je le mordis comme je pus, je poussais des hurlements sous la lune. Il me fit très mal car nous restâmes longtemps collés l’un à l’autre ; quand il se dégagea, il évita de justesse l’un de mes crocs et s’enfuit à toutes pattes. Mon beau ténébreux s’était tapi dans un coin du jardin et ne daigna même pas intervenir pour prendre ma défense. Mon amour pour lui s’envola aussitôt. La nuit suivante, je subis les avances de trois autres traînards dont un mâle qui s’était camouflé en échiquier.
- C’est mon papa ! murmura le Noirpiaux.
- Chut !
- Au bout de quelques mois, je me sentis très fatiguée. Mon ventre se gonflait sous mes pattes et je pris du poids. J’essayai bien de faire un régime, mais rien n’y fit ; j’étais passée de sept livres à huit livres. J’avais déjà visité cette remise et quand je vis ce vieux landau, je décidai de m’y installer pour faire un somme. Je compris que j’étais enceinte quand « Black » s’éjecta d’entre mes cuisses puis « Arc-en-ciel » et tous le suivants. Je me suis retrouvée avec six petits souriceaux piaillant et s’agitant dans tous les sens.
Une foule de protestations s’éleva de l’assemblée ; on entendit des bribes de voix.
- Une souris ! Une souris ! Et puis quoi encore ?
- Moi piailler ? Jamais !
- Chut ! Laissons poursuivre maman !
- Chacun de vous a un père différent, voilà pourquoi vos pelages ne se ressemblent pas. Mais je suis votre unique mère à tous les six.
- Et mon papa, il va venir me voir ? interrogea Blanchette.
- Mes enfants ! Vos pères ne sont pas très fidèles. Chacun d’eux a plein de progénitures et n’a pas le temps de leur rendre visites, ils sont tous très occupés. Alors mes petits, vous allez devoir compter sur moi seule.
Après ce long discours, tout le monde eut très faim et nous nous précipitâmes sur les mamelles juteuses. Maman se coucha sur le côté et ferma les yeux devant ce spectacle de gloutonnerie. Blanchette, la dernière née et la plus chétive, essaya de se frayer un passage parmi tous ces costauds qui lui barraient l’accès à la friandise, n’y arrivant pas, repoussée de toute part, elle se blottit dans un coin de la couche. Cela faisait plusieurs jours qu’elle ne s’alimentait plus, mais personne ne s’en formalisa. On aurait peut-être dû, car la semaine suivante, nous nous réveillâmes sur un triste matin de deuil. Maman prit la petite boule blanche dans sa gueule et sauta hors du landau. Nous la vîmes sortir de la remise. Quand elle revint, une demi-heure plus tard, Blanchette avait disparu de sa gueule.

Les deux pattes appuyées sur le rebord de notre lit à roulettes, je scrutais l’horizon. J’aurais bien voulu explorer tous les recoins qui s’offraient à ma vue, mais j’étais trop petit pour faire le grand saut qui me séparait du sol. Je me contentai d’admirer cet univers sombre, éclairé par un simple vasistas, incorporé dans le toit. Une étagère couverte de pots de peinture courait le long de deux murs. Nous pouvions deviner la couleur de chaque pot aux coulures sur les côtés ou aux couvercles multicolores. Je dis cela pour ceux qui comprennent quelque chose à la palette du peintre. Moi, ma vue ne me permet pas de voir la vie en rose. Mais ma vision nocturne affûtée, me fit souvent traiter de nyctalope par des gens pourtant très bien élevés. Un râteau, une bêche et un balai reposaient contre un mur, à côté de pots vides de terreau, squattés par de succulentes araignées qui me feront un excellent dessert dans quelques semaines. Deux poutres en bois, tombées à terre, affichaient de belles rainures faites de pattes de maître. Maman peaufinait son art régulièrement. Je m’y essaierai plus tard, l’imitant de mon mieux, toutes armes dehors. Malgré mon application, je ne réussis jamais une œuvre aussi aboutie que la sienne. Je m’y attaquais pourtant avec les dents et les griffes, mais ma sculpture fut un échec. Des tuiles romaines, empilées en équilibre instable, allaient nous servir de parcours du combattant et nous apprendre l’école du cirque.
Pour ce qui est de combattre, je ne m’en privais pas. Ma sœur et mes frères avaient pris du volume comme moi et l’oxygène commençait à nous manquer sérieusement, dans notre landau fait pour un unique bébé ; nous, nous étions cinq chatons et une mère. Un jour, Black, le plus fort d’entre nous, décida de faire le grand saut, au bas mot quatre-vingts centimètres. Nous le vîmes se dresser sur ses pattes arrière, celles avant posées sur le rebord de notre lit, il fit ressort avec les postérieures et se propulsa sur le sol en un atterrissage, ma foi, fort bien maîtrisé.
Quatre boules de poils essayèrent de l’imiter mais sans grand résultat. Les tentatives se soldèrent par des culbutes, des roulades arrière et des sauts stationnaires. Quand maman rentra de sa chasse et qu’elle vit Black au pied du nid, nous nous bouchâmes les lobes et les yeux pour ne pas entendre ni voir sa fureur ; qu’elle ne fut pas notre surprise de la voir le lécher avec amour et lui dire des mots tendres à l’oreille. Dès lors, ce fut le préféré de la progéniture. Notre mère, d’un bond leste, atterrit à côté de nous et prit Arc-en-ciel dans sa gueule et d’un mouvement inverse, la déposa sur le sol à côté de son frère. Elle recommença la même action trois fois, atterrissant exactement aux mêmes endroits, que ce soit à terre ou dans le landau. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le plateau « des vaches » cité plus haut.

L’exploration débuta pour les cinq rejetons. Chacun fut attiré par un coin différent de la remise ; celui qu’ils avaient repéré du haut du mirador. Mon instinct dirigea mes pattes directement dans le coin le plus sombre. Je grimpai sur une montagne de matière noire empilée au pied d’un mur et me mis à creuser de mes membres et de ma truffe. J’avais déjà observé ma mère en train de gratter la terre de cette manière dans un autre endroit de la bâtisse. Je l’imitai. J’éternuai cinq fois de suite, ce qui fit se retourner toute la petite troupe. Un seul cri d’effroi sortit de leurs gorges, sauf Black qui montra les dents. Maman m’attrapa par la peau du cou et me secoua comme un prunier. Elle me réprimanda sévèrement :
- Regarde dans quel état tu t’es mis ?
J’étais noir de la tête aux pattes. Je m’étais roulé sur le tas de charbon. Adieu mon joli pelage roux et mes socquettes blanches. Je n’étais plus qu’une vulgaire bête noire. On m’avait cloné en Black. La pluie tambourinait à grosses gouttes à l’extérieur. Ma mère me poussa d’autorité sous la porte et m’obligea à prendre une douche. J’essayai bien de m’échapper, mais elle me maintint sous l’eau. De ce jour, j’eus une sainte horreur de l’eau, préférant de loin le nettoyage à sec. Ma maman se fit arroser par la même occasion.
C’est comme cela que je pus contempler le monde extérieur avant mes frères et sœur. De la boue anthracite s’écoulait d’entre mes pattes. Quand la pluie cessa, ma mère compléta ma toilette, me bousculant plus que nécessaire. Je rigolais de voir sa langue se noircir sous le léchage. Quand le soleil darda de nouveau ses rayons, mon poil se transforma en or. J’étais redevenu moi-même. J’en fus soulagé, je ne voulais pas ressembler à mon frère de sang.

Une fois remis de mes émotions, je repris mes investigations là où je les avais interrompues, ou plutôt à côté, évitant soigneusement le coin sombre qui m’avait apporté tant de malheurs. Des odeurs bizarres me chatouillaient les narines, tout un monde nouveau s’ouvrait à mes sens. La bêche sentait la terre, le coin des murs sentait les papas et les tuiles sentaient le soleil. J’éprouvai mon équilibre en m’attaquant à la traversée des poutres par la face sud. Je n’avais pas vu que Noirpiaux s’y était engagé par la face nord, trop occupé à me concentrer sur l’obstacle et à contempler la position de mes quatre pattes. C’est facile pour vous les humains de ne synchroniser que deux pattes, mais quatre, vous imaginez ? Nous nous percutâmes le haut du crâne, roulant en un bel ensemble, dans la poussière du sol. Nous en profitâmes pour jouer à la bagarre. Je pris rapidement le dessus et lui le dessous. Quand nous nous relevâmes lui ressemblait à une souris et moi à une serpillière. Nous nous cachâmes de peur de subir une douche et nous léchâmes mutuellement, grimaçant en avalant cette matière peu goûteuse. Quand nous ressortîmes de l’ombre, chacun avait retrouvé figure animale.
Noirpiaux partit vers les tuiles et moi vers la lumière. Le dehors m’attirait comme un aimant. Je passai ma frimousse sous la porte et humai l’herbe mouillée, un régal. Je contemplais le paradis sous le soleil. Le printemps souriait. Une bête vrombissante m’attaqua sans prévenir, comme le voudrait la bienséance. Je reculai à l’abri, sous l’œil mauvais de ma mère. Elle m’attrapa à nouveau par le col blanc et me déposa au milieu du logis, me faisant comprendre que mon domaine se limitait à ce petit espace. Je fus bien triste de constater que le dehors était uniquement réservé à la toilette humide ; ce monde avait pourtant l’air si amusant !
Je ne savais pas encore que notre mère nous en réservait la visite à un moment plus propice de la journée, ou plutôt de la nuit. Je m’endormis sur un tas de chiffons embaumant le pétrole et la térébenthine, parfums ô combien subtils. Mes frères me regardèrent avec envie, je refusai catégoriquement de leur laisser la place. Je ne cédai même pas sous les coups de boutoir de Black, qui s’éloigna, penaud, pour se trouver un autre coin. Nos dix-huit heures de sommeil quotidien exigeaient un lit confortable et sécurisant, attribué à vie ; j’avais tout lieu d’être satisfait de ma trouvaille, quand je vis Black sauter d’un bond leste dans notre ancien landau de bébé. Je me mis à regretter de n’en avoir pas eu l’idée avant lui. Une certaine rivalité commençait à naître entre nous.

Quand mes quatre paupières s’ouvrirent, et oui, tout est en double chez nous les félins, les pattes, les paupières et l’intelligence ; donc quand j’ouvris les yeux, la lumière ne filtrait plus sous la porte de l’univers interdit.
J’étirai un à un mes quatre membres engourdis par ces dix heures de sommeil, puis je fis le gros dos et quelques assouplissements de la tête. Il ne faudrait quand même pas se faire un claquage. Puis comme tous mes frères et sœur je me précipitai vers ma mère pour un souper tardif ou un petit déjeuner matutinal, comme on voudra ; mais quelle ne fut pas notre surprise de la voir nous refuser l’accès à son garde-manger, à force coups de pattes et de tête. Nous nous rassemblâmes, dépités, autour de notre nourricière réticente.
- Mes enfants ! Ce soir vous allez goûter une autre nourriture ! Nous allons à la chasse !
- Youpi ! Super ! Génial ! Trop cool !
Les superlatifs fusaient de toutes les gorges.
- Bon ! Mais avant tout de la discipline ! Le monde extérieur est plein de dangers et d’embûches. Vous allez me suivre comme mon ombre, mettre vos traces dans les miennes et rester silencieux. Chacun tiendra la queue du précédent dans sa gueule. Arc-en-ciel ! Derrière moi ! Puis Noirpiaux, Black, Tigre ! Toi, Rayon de soleil, tu fermes la marche et tu surveilles l’arrière !

Ce fut le premier nom de ma longue existence et de loin le plus beau parmi les nombreux autres qui suivirent. Je n’étais pas peu fier de la responsabilité que m’octroya maman. D’un seul coup je devenais plus beau, plus grand, plus fort que Black. La petite troupe en bon ordre, surtout au début, s’ébranla queues dans gueules et se glissa comme un tram sous la porte, vers les monstres de la nuit. Ce fut tout de suite très drôle. Une multitude de lampes de poche s’allumaient par intermittence, nous éclairant le chemin. Chacun essaya d’en attraper une, mais dès qu’on levait une patte, elle s’éteignait. J’appris plus tard que c’était des fées électriques, de leur nom scientifique : « lucioles » ; leur rôle était d’amener un peu de lumière, à la noirceur de la nuit, pour guider les voyageurs égarés. Pour notre part, nous n’avions pas besoin de ces lampes d’appoint, chacun étant pourvu du dernier cri en matière de technologie visuelle, je veux parler de la visée laser infrarouge.
Au bout de cinq minutes, la joyeuse troupe ressemblait plus à un essaim de mouches qu’à une rangée de louveteaux bien disciplinés. Chacun papillonna dans son coin et justement se lança à la chasse aux lépidoptères. Je réussis à en attraper un, après moult bonds en l’air et directs du gauche. Je jouai un peu avec lui. Il voltigeait devant mon nez, groggy par mon coup de patte. Il craqua délicatement sous la dent et un jus amer me coula dans la bouche, un délice. J’en aurais bien croqué un deuxième, mais ce n’était pas facile sans filet à papillon. Maman reconstitua la troupe éparpillée.
- Avez-vous faim ?
Un cœur répondit : « Oh oui ! »
- Alors suivez-moi !

Nous nous dirigeâmes vers un grand bâtiment gris. Elle grimpa les trois marches du perron, non sans avoir balancé un regard inquiet de droite et de gauche. Un divin fumet réveilla mon odorat et je fus le premier à tomber sur la chose. Une gamelle en plastique bleu ciel, marquée « toutou » en grosses lettres rouges, et remplit d’une pâtée digne d’une comtesse. Je fus également le premier à passer la langue sur le mélange. C’était salé à souhait et un peu amer, tout à fait à mon goût de félin. J’avalai tout rond, mais au bout de trois bouchées, une vague de poils multicolores me submergea, pareille à une mêlée de rugby. Je laissai le butin et m’éloignai pour régurgiter une substance intacte. Peut-être avais-je mangé ce premier repas consistant un peu trop vite ? La prochaine fois, c’est promis, je dégusterai.
Quand la gamelle du chien fut lavée, récurée et nettoyée par cinq langues dotées d’un grattoir des plus efficaces et d’un bactéricide de première qualité, nous suivîmes notre guide vers un autre terrain de jeux. L’herbe haute du jardin nous chatouillait les narines, d’instinct nous rampions, mimant notre mère, quand nous la vîmes bondir toutes pattes en avant. Elle nous présenta sa proie frémissante au bout de sa gueule, un petit mulot gris qui nous observait de ses jolis yeux noirs larmoyants. Il piaillait à nos oreilles. Elle le libéra. Il s’enfuit affolé, dans la mauvaise direction, en l’occurrence la nôtre. Black abattit un peu rudement sa patte sur le dos du rongeur qui mourut sur le coup. Maman nous apprit à le dépecer minutieusement. Chacun en eut une minuscule part. C’était difficile à manger, dur et élastique, obligeant à mastiquer longuement. Cette fois je ne vomis pas.
La nuit se passa en repérage des lieux, en découverte de senteurs diverses et inconnues, et en chasse gustative. J’étais le champion du saut en hauteur. Votre serviteur réussit même à capturer tout seul, Batman en personne. La chauve-souris en dessert reste un mets délicat et savoureux. Quand une lueur jaune apparue à l’horizon, maman nous regroupa et nous nous glissâmes tous les six sous la porte de notre home. Chacun, rassasié et fourbu, retrouva son coin de prédilection et plongea en une seconde dans un sommeil profond, peuplé de monstres noirs et de nourritures croquantes.

Les journées se déroulaient en longues siestes et tétées, car chacun à tour de rôle nous allions solliciter les mamelles de notre mère, lui promettant que cette fois serait la dernière et y retournant régulièrement. Mais à bien y réfléchir, le lait maternel, curieusement, commençait à m’écœurer. Je devenais malgré moi, de plus en plus carnivore.
Mais j’y pense, j’ai oublié de vous décrire l’endroit où nous habitions. L’intérieur de notre maison, vous connaissez, voici maintenant l’extérieur. Notre cabanon se trouvait à l’extrémité d’un jardin où l’herbe était verte, haute et douce à nos promenades nocturnes. La bâtisse grise et ses trois marches menant au perron rectangulaire, se trouvaient à l’opposé et il fallait traverser tout ce chemin à découvert pour arriver à la gamelle de « Belzébuth », un briard noir, tout fou et pas gracieux, pour la gent féline. C’était pour ces deux raisons que maman refusait de nous laisser sortir quand l’astre du jour était levé, elle connaissait parfaitement les habitudes du chien trop bien nourri, qui laissait toujours la moitié de sa pâtée et qui s’en allait dormir, à vingt-trois heures précises, tous les soirs, aux pieds du lit de ses maîtres ; ceux-ci lui remettant la même quantité de nourriture le lendemain, en constatant que leur compagnon à quatre pattes avait tout ingurgité la veille au soir.
Entre ces deux points, se trouvait le paradis sur terre. A droite, un lilas rose au tronc tendre, tout tagué par six paires de pattes avant, laissait pendre lamentablement des lambeaux d’écorce grise. Au mitan, une allée gravillonnée où maman nous avait appris à faire nos besoins et que nous ratissions tous les jours de notre mieux, suivant notre inspiration de jardinier, envoyant même régulièrement des cailloux au loin, sur la pelouse, pas toujours en accord avec les goûts du propriétaire, mais toujours suivant la leçon de notre mère ; car il ne faut pas croire que notre vie de chatons était faite de farniente. Nous aussi, nous avions des devoirs et des leçons à apprendre par cœur. Maman nous les faisait réciter chaque jour. Il y avait la propreté, la toilette, la cynégétique et l’examen au plus fort coefficient, la méfiance en tout animal à deux ou quatre pattes.
A gauche, venait le parterre fleuri. Comme je suis né un moche soir de printemps, j’ai pu profiter, pour mon anniversaire des deux mois, d’un magnifique massif floral. Maman nous avait dit que nous avions de la chance d’être nés à cette période de l’année. Les pauvres petits chatons de l’hiver, eux, souffrent du froid, ne pouvant pas bénéficier des longues siestes au soleil d’été, à l’abri tout de même des regards indiscrets. Ils ne peuvent s’adonner à la chasse aux papillons, et surtout ne connaîtront jamais la joie de mettre leurs museaux dans les rosiers et de les ressortir tout griffés et tuméfiés par des épines plus grosses que nos griffes.
- Oh reine des fleurs, comme j’aime ton parfum entêtant, comme j’aime le velours de tes pétales, mais comme je déteste tes lames acérées sur mon petit nez délicat !
Ce poème, je l’ai composé après mon premier combat avec une « Queen Elizabeth », rouge sang de ses victimes, trois fois plus haute que moi. J’aurais préféré m’attaquer à une « Comtesse du Barry ». Vraiment une chance d’être né au printemps ?
C’est vrai que dans le massif, il n’y avait pas que des rosiers. Des petits rochers, couverts de petites fleurs violettes, étaient survolés par des centaines d’insectes, à la nuit tombante. Cela n’avait pas la classe d’une chasse aux lépidoptères, surtout que nous n’attrapions jamais rien dans nos filets, mais nous nous amusions bien en les pourchassant. Le plus drôle, restaient les parties de cache-cache avec mes frères au milieu du parterre, là où se trouvait un arbuste d’une jolie couleur lie-de-vin. Nous nous glissions en dessous, rampions sous les branches basses et les feuilles tombantes et nous nous appliquions à effrayer l’adversaire, en lui sautant dessus à l’improviste ou en lui criant dans les oreilles.

La vie se passait dans l’insouciance la plus totale, jusqu’au premier jour de septembre, un soir, peu après la rentrée des classes des deux pattes. Black disparut. Le plus étonnant fut que notre mère ne lança même pas d’avis de recherche et se désintéressa complètement du problème. Elle ne semblait pas du tout s’en émouvoir. La vie reprit son cours et je dois avouer que moi aussi j’oubliai très rapidement mon frangin.
La deuxième disparition fut beaucoup plus dramatique, alors que nous étions sortis de notre domaine, notre escapade nocturne nous ayant entraîné bien au-delà de la barrière blanche qui clôturait notre jardin, l’accident se produisit. Tigre, attiré par un mouvement suspect, traversa la bande noire que maman nous avait pourtant interdit d’emprunter ; avant qu’il n’ait eu le temps d’atteindre son but de l’autre côté de la route, un énorme animal aux yeux jaunes, rapide comme le vent, le happa en pleine course. Nous le retrouvâmes, aplati sur l’asphalte. Je lui administrai un coup de patte, Arc-en-ciel lui donna un coup de museau, il refusa de nous répondre. Nous le laissâmes là et continuâmes nos investigations de la nuit.
On ne le revit jamais. Il avait dû décider de ne pas rentrer à la maison et d’aller vivre sa vie sous d’autres cieux. Notre troupe s’en trouva réduite d’autant. Il ne restait plus que quatre membres : moi, Arc-en-ciel, notre mère et un unique frère. De ce jour, une certaine rivalité s’établit entre moi et Noirpiaux. Ce fut à celui qui attraperait le plus de souris ou de mulots, à celui qui courrait le plus vite ou sauterait le plus haut ou à celui qui gagnerait la bataille, car nos combats à l’arme blanche devenaient de plus en plus fréquents.
Notre sœur, pour sa part, ne quittait plus notre mère d’une pattoune. Elle passait beaucoup de temps à se faire lécher ou à dormir flanc contre flanc. Leurs pelages se confondaient tellement, que des fois nous la cherchions du regard, alors qu’elle était blottie contre le ventre de maman, qui d’ailleurs, soit dit en passant, ne s’occupait plus du tout de ses deux fils. Elle s’absentait souvent la nuit et se faisait la voix au clair de lune. Parfois, notre mère s’éloignait avec un gros matou et nous ne la retrouvions qu’à l’aube suivante. Un beau matin d’automne, alors que les feuilles dorées jonchaient le sol et que les arbres étaient en flammes, ma mère demanda à me parler en particulier.
- Mon fils ! Tu es grand maintenant, tu as plus de quatre mois, dans six autres mois tu acquerras ta maturité sexuelle. Il faut songer à trouver ton propre territoire, pour pouvoir conquérir des femelles. Tu es fort et intelligent, tu n’auras aucun mal à imposer ta loi. Pars mon enfant ! Tu dois assurer ta descendance. De l’autre côté de la barrière, tout un univers n’attend que toi.
- Mais pourquoi moi, maman ? protestais-je. Je veux rester toute ma vie avec vous trois !
- Rayon de soleil ! Noirpiaux est parti cette nuit vivre sa vie au loin, maintenant c’est ton tour !
- Et Arc-en-ciel ? interrogeais-je pour gagner du temps.
- Ta sœur reste ici avec moi. Elle sera bientôt enceinte, je dois l’aider à élever sa progéniture.
- Je vais être tonton ? Si jeune ?
- Ta sœur sera mature pour ses six mois tu sais ! Contrairement à toi qui ne seras prêt à engendrer qu’après tes dix mois. Elle a déjà des vues sur un beau siamois aux yeux bleus, un tigré aux yeux vert, un rouquin aux yeux dorés comme les tiens, et un turc blanc aux yeux vairons lui fait une cour assidue.
- C’est tout ? m’exclamais-je.
- Presque. Je crois qu’elle est aussi tombée amoureuse d’un beau chartreux couleur ciel d’orage.
- Waouh ! Elle en a des prétendants ! Pas très fidèle la frangine !
- Toi aussi tu tomberas souvent amoureux, tu verras ! Mais pour cela il faut aller chercher les fiancées.
- Alors j’y vais ! répondis-je sans réfléchir.
Et je tournai les socquettes sans plus de cérémonie, m’éloignant sans un regard en arrière. C’est comme cela que je perdis à tout jamais le contact avec ma famille, que j’abandonnai mon enfance pour foncer tête baissée dans la vie adulte et que ma survie débuta.





 Posté le Lundi 25 Juin 2012 à 08h54 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

JACQUES PREVERT


 Posté le Mercredi 23 Mai 2012 à 08h56 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

JACQUES PREVERT
LE CHAT ET L'OISEAU

UN VILLAGE ECOUTE DESOLE LE CHANT D'UN OISEAU BLESSE
C'EST LE SEUL OISEAU DU VILLAGE ET C'EST LE SEUL CHAT DU VILLAGE QUI L'A A MOITIE DEVORE
ET L'OISEAU CESSE DE CHANTER LE CHAT CESSE DE RONRONNER ET DE SE LECHER LE MUSEAU
ET LE VILLAGE FAIT A L'OISEAU DE MERVEILLEUSES FUNERAILLES
ET LE CHAT QUI EST INVITE MARCHE DERRIERE LE PETIT CERCUEIL DE PAILLE
OU L'OISEAU MORT EST ALLONGE PORTE PAR UNE PETITE FILLE QUI N'ARRETE PAS DE PLEURER
SI J'AVAIS SU QUE CELA TE FASSE TANT DE PEINE LUI DIT LE CHAT
JE L'AURAIS MANGE TOUT ENTIER
ET PUIS JE T'AURAIS RACONTE QUE JE L'AVAIS VU S'ENVOLER S'ENVOLER JUSQU'AU BOUT DU MONDE
LA-BAS OU C'EST TELLEMENT LOIN QUE JAMAIS ON N'EN REVIENT
TU AURAIS EU MOINS DE CHAGRIN SIMPLEMENT DE LA TRISTESSE ET DES REGRETS
IL NE FAUT JAMAIS FAIRE LES CHOSES A MOITIE

(à méditer)

 Posté le Mercredi 23 Mai 2012 à 08h54 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

REMO FORLANI
GOUTTIERE DE REMO FORLANI


Aujourd'hui elle s'appelle Lucie et connaît l'amour-passion qui donne envie de ne rien faire d'autre que de savourer un bonheur immense et...ronronner. Auparavant, elle avait connu joies et tourments, avanies, vicissitudes, désastres, bref, tout ce qui constitue le lot d'une « gouttière ».
Chatte mal aimée puis perdue, chatte voleuse, en cavale, chatte de dame avec dame, grand fauve sauvage ou chatte névrosée, chatte, en somme, et qui a appris à vivre, elle fait surtout l'apprentissage de la volupté. De toutes les voluptés.
Aujourd'hui, donc, elle s'appelle Lucie, elle est aussi « en personne » la narratrice avisée et délicate de Gouttière de Remo Forlani (folio n°2282 de mars 1992).
Rémo FORLANI est décédé courant 2009 à 82 ans. Il a également écrit "Tous les chats ne sont pas en peluche"

D'autres articles sur mon autre blog félin :
http://chat-pitre.over-blog.com
 Posté le Mercredi 9 Mai 2012 à 08h30 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

CHATS DE COLETTE (NOIR)
Noir dans le noir. Plus noir que le noir. Plus noir que le combat de nègres à minuit dans une cave. Je n'ai pas besoin, pour disparaître, de me cacher ; je cesse seulement d'exister, et j'éteins mes phares. Mais je fais mieux encore, je dépose mes deux phares d'or au ras du tapis, flottant dans l'air, visibles et insaisissables, et je m'en vais à mes affaires... C'est de la magie ? Mais bien sûr. Croyez-vous qu'on soit noir à ce point, sans être sorcier ?

 Posté le Mercredi 2 Mai 2012 à 09h54 | Laisser un commentaire| 2 commentaires | Lien permanent

MISTERGRIS (1991- 5 juillet 2003)
MISTERGRIS est le deuxième héros du roman CHAT PITRE, il s'appelle MONSIEUR, c'est un mâle entier qui squatte le jardin de SURCOUF son ennemi juré. Placide, il laisse le rouquin s'énerver au bout de sa corde et attend le soir pour marquer tous les endroits où SURCOUF s'est posé dans la journée. Petite vengeance personnelle !

Cette histoire véridique est l'une des anecdotes qui ponctue le roman félin CHAT PITRE de Christine LACROIX
 Posté le Lundi 30 Avril 2012 à 08h32 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

SURCOUF (14 juillet 1991-6 avril 2006)
HEROS MALGRE LUI
C'est le personnage principal de mon roman "CHAT PITRE" (en téléchargement chez Amazon-Kindle). Le rouquin issu du refuge qui doit partager son territoire avec MISTERGRIS le tigré. 14 ans de vie commune et une perte douloureuse après une longue maladie. Il sera toujours dans mon coeur, même si d'autres chats partagent ma vie en ce moment.
 Posté le Samedi 28 Avril 2012 à 08h45 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent

ROMAN FELIN


Passionée de chats j'écris les histoires qu'ils veulent bien me raconter à l'oreille.
Mon premier roman félin "CHAT PITRE" est disponible en téléchargement sur le site d'Amazon-Kindle.
 Posté le Mardi 24 Avril 2012 à 09h42 | Laisser un commentaire| 1 commentaire | Lien permanent